101 $ d’amende pour avoir donné des câlins gratuits

Un Montréalais s’est fait coller une contravention de 101 $ mardi dernier pour avoir donné des câlins gratuits au métro Jean-Talon.

«J’aime le contact avec les gens, à chaque fois que je mets mon chandail c’est un peu comme partir à l’aventure, tu ne sais jamais ce qui va se passer. La preuve, je me suis ramasser une contravention», lance avec humour Tommy Boucher, un Montréalais de 29 ans, qui fait des câlins gratuits dans le métro depuis plus d’un an et demi.

Mardi dernier, alors qu’il était au métro Jean-Talon en pleine heure de pointe du soir pour «distribuer du bonheur», deux agents de la STM l’auraient approché. «Ils m’ont demandé si j’avais mon permis», se souvient-il.

«De l’excès de zèle»

Finalement, les agents lui remettent un constat d’infraction de 101 $ pour «exposition d’un service». «Il faut faire ça en dehors des tourniquets», lui auraient-ils dit.

«Je trouve que c’est de l’excès de zèle, on ne vend aucun service, on ne fait pas de sollicitation, c’est passif, les gens viennent s’ils se sentent interpelés, on ne force personne», explique M. Boucher, qui compte d’ailleurs contester son constat.

S’il trouve la situation abusive, c’est aussi parce que selon lui, les inspecteurs auraient dû éplucher leur livret de règlements pour finalement choisir quelle règle il aurait transgressée.

Tel qu’écrit dans le constat d’infraction, c’est en vertu du règlement R-036 de la STM, que le Montréalais a été sanctionné.

«Dans une station de métro, suite à l’obtention de l’autorisation de la Société, il est permis d’offrir en vente ou en location un service ou un bien ou d’en faire l’exhibition, la distribution ou l’exposition à condition, toutefois, de se conformer aux autres dispositions du présent règlement. Dans toute autre circonstance ou tout autre lieu, ces activités sont interdites.», peut-on lire dans l’article 17.

Fâché, Tommy Boucher a rapidement relaté les évènements sur son blog personnel. «Je sais que ces gens ont la mission de garder la paix dans le métro... mais lorsqu’ils donnent une amende à ceux qui sont actuellement en paix sur les lieux, où s’en va le monde?», écrivait-il sur sa page.

Loin de le décourager, il était de retour dans le métro Jean-Talon dès le lendemain et à la station Berri-UQAM.

«D’autres agents m’ont averti que ça dérangeait les gens», poursuit-il. S’il continue ce geste affectueux, c’est parce qu’il est persuadé qu’«on peut changer la journée d’une personne avec un simple câlin».
Dimanche soir, il a été impossible d’avoir la réaction de la STM.