Bilan de 15 manifs le 15 mars à Montréal

Introduction
Le 15 mars 1997, le Collectif Opposé à la Brutalité Policière
(COBP) et le collectif Black Flag de Suisse ont lancé la Journée
Internationale Contre la Brutalité Policière (JICBP) suite
au tabassage de deux jeunes de 11 et 12 ans par la police
suisse un an plus tôt. Certains diront que le hasard fait bien
les choses, mais cette date coïncide avec la création de la
police de Montréal... le 15 mars 1843! On se demande pourquoi
le SPVM n'essaie pas de célébrer son anniversaire ce
jour-là? À Montréal, c'est à chaque année depuis quinze ans
que des centaines de personnes prennent la rue à cause et
malgré la répression.

Ailleurs dans le monde, au fil des années des événements
ont déjà été organisés pour souligner la JICBP ailleurs
au Québec (Trois-Rivières et Drummondville), au
Canada (Fredericton, Toronto, Belleville, Guelph, Kitchener,
Winnipeg, Regina, Calgary et Vancouver) et dans le monde,
dont: San Francisco, Chattanooga et New York City (USA),
Oaxaca et Mexico (Mexique), Zurich (Suisse), Nantes et
Paris (France), Ghent et Leuven (Belgique), Birmingham
(Angleterre), Neckar-Odenwald (Allemagne), Autriche, Barcelone
(Espagne), Lisbone (Portugal), Medellin (Colombie),
Lagos (Nigeria)... Comme la brutalité policière, notre lutte
n'a pas de frontières et le 15 mars continue d'être souligné
dans plusieurs autres villes et pays.

À Montréal, la manif du 15 mars est devenue une véritable
tradition: un rendez-vous annuel pour les militantEs
et les gens révoltés par la brutalité policière et l'impunité,
mais aussi pour les policiers qui aiment faire aller leur matraque
et bien-sûr pour les journalistes avides de casse pour
que M. et Mme. Tout-le-monde puisse assister à ce spectacle
en direct tout en restant assis dans leur salon. Ce qui fait
que peu importe qu'on soit anti-flic, pro-police ou quelque
part entre les deux, tout le monde en parle et a son opinion
sur cet événement désormais incontournable qui ne semble
pas vouloir cesser malgré une répression féroce.

Il y a malheureusement beaucoup de préjugés et de
mythes autour du 15 mars, y compris parmi les militantEs.
Le sensationnalisme des médias qui relaient la propagande
de la police et des autorités sont sûrement pour quelque
chose là-dedans. Mais peut-être aussi le fait que peu de
gens ont participé à chacun des quinze 15 mars, ce qui fait
qu'on peut avoir une fausse idée de l'histoire de cette manif.
Par exemple, un des plus gros mythe sur le 15 mars est
que c’est une manif « sans surprise » (journal Métro, 16
mars 2011), une répétition du même scénario à chaque
année. Pourtant, comme on va le voir, chaque 15 mars est
unique et différent des autres en plusieurs aspects, même
s'il y a des ressemblances. Sans oublier le fait que le 15
mars, ce n'est pas juste une manif, toutes sortes d'événements
ont été organisés autour de cette date, en 2003 il y a
eu une « semaine contre la répression », en 2011 le « mois
contre la brutalité policière »!

Dans ces 15 histoires de 15 mars, nous allons analyser
brièvement chacune des manif organisées à Montréal dans
le cadre de la JICBP entre 1997 et 2011. Nous nous pencherons
particulièrement sur les caractéristiques de la foule,
les causes défendues, le trajet emprunté, les événements
marquants (tant du côté des manifestantEs que de la police),
les arrestations et les procédures judiciaires (s'il y a
lieu, car contrairement au mythe No. 2 il est arrivé à 3 reprises
qu'il n'y ait AUCUNE arrestation durant un 15 mars!),
ainsi que les répercussions de la manif.
Retour dans le passé... en regardant vers le futur!

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