Communiqué: Arrestation de masse du 15 mars 2015 à Montréal : retrait des accusations confirmé !

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Montréal, le 18 novembre 2015 - Le 6 novembre dernier, les procureur-es de la cour municipale de Montréal confirmaient les premiers retraits des accusations portées en vertu de l’article 500.1 du Code de la sécurité routière contre 94 personnes arrêtées lors de la manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière du 15 mars 2015. Ces retraits surviennent alors que le 12 novembre dernier, la Cour Supérieure invalidait cet outil législatif qui donne aux corps policiers un pouvoir discrétionnaire absolu de décider de réprimer ou non une manifestation.

Ces 94 retraits portent à 750 le nombre d’accusations retirées pour cette manifestation annuelle depuis 2012. Selon Marie-Eve Sauvé, une manifestante arrêtée le 15 mars 2015 : « Le constat est clair : le SPVM a arrêté des manifestant-es et des passant-es par centaines, et à chaque fois, les accusations ont été abandonnées. En 2012, les constats ont été retirés faute de preuve, tandis que ceux de 2013 et 2014 l’ont été suite à la décision du juge Richmond sur le règlement P-6. Pourtant, les arrestations de masse se sont poursuivies en 2015. Le SPVM agit en toute impunité pour réprimer une manifestation qui dénonce sa brutalité. Cette impunité est quotidienne et caractéristique de toutes les institutions policières. »

« Année après année, le SPVM déploie des effectifs monstrueux - 550 policiers et policières en 2015 - et intervient peu importe les gestes posés par les manifestant-es. C’est du profilage politique. La police diabolise cette manifestation dans le but de la rendre illégitime aux yeux de la population. La police ne permet pas qu’on la critique », affirme Mathieu Lavallée, un des manifestant-es arrêté-es.

Que ce soit à cause de la peur, par manque de confiance ou par manque de moyens, les populations marginalisées sont peu enclines à dénoncer des abus policiers dont elles sont pourtant les premières victimes. Chaque année, la manifestation du 15 mars cherche précisément à faire entendre la voix de celles et ceux qui, trop souvent, demeurent ignoré-es.

Les dernières semaines ont apporté de nouvelles preuves, plus que flagrantes, du problème de la violence et de l’impunité policière. À Montréal comme ailleurs, il y a lieu de se poser des questions sur le fonctionnement de cette institution.

La police n’a pas à décider qui a le droit de s’exprimer. Elle ne devrait pas avoir le pouvoir de faire taire les voix qui la critiquent.

Des personnes arrêtées le 15 mars 2015

À propos de la manifestation du 15 mars

La manifestation annuelle du 15 mars est un événement international visant à dénoncer la brutalité policière. Selon le COBP, cette manifestation a eu des échos en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en France, en Belgique, en Espagne, au Portugal, au Nigeria, aux États-Unis et au Mexique.

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