Des drones au service de la police

Un nouvel outil sert désormais aux policiers afin de lutter contre la criminalité: les drones.

Ceux-ci permettent, entre autres utilisations, de mieux définir les scènes de crimes et d'économiser du temps lors des enquêtes.

Guillaume Arnet est expert en balistique au Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale du Québec. TVA Nouvelles l'a rencontré.

«Ça peut être un multiretard, un huit moteurs ici. Ça peut être un quad avec quatre moteurs, quatre hélices. Ça peut être une aile volante aussi», explique M. Arnet, qui est aussi responsable des drones qui sont utilisés pour aider dans leurs enquêtes les corps policiers de la province.

Les drones ont l'avantage de produire des centaines de photographies en quelques minutes de vol et de couvrir de grandes distances sans piétiner les scènes de crimes ou d'accidents.

Cela évite d'altérer des preuves et les experts ont rapidement une carte des lieux.

«À la suite de ça, ce qu'on peut faire, c'est un modèle 3D. Donc, c'est une carrière. Il y a du relief ici. On voit qu'il y a des arêtes rocheuses. On peut mesurer les distances. Au sol, si j'ai une trajectoire qui est étirée depuis en haut de la falaise qui atteint quelqu'un ici, je peux la placer», ajoute le spécialiste en balistique.

Les experts du laboratoire viennent en aide aux spécialistes en identité judiciaire de la police.

«S'il y a, par exemple, des fragments de véhicules qui ont explosé, donc, il y a des débris qui sont étalés sur cette scène-là, et ça leur permet à eux de les marquer. On va voler en cercle ou en descendant ou en montant autour de l'objet. Donc, il va faire un quadrillage, un quadrillage comme ça sur la scène. Après ça, on va faire un double quadrillage comme ça pour avoir un maximum d'information», décrit M. Arnet.

C'est la première fois qu'ils en parlent publiquement.

Les trois experts en balistique qui pilotent ont utilisé les drones à une quinzaine de reprises depuis décembre 2015. «La scène de crime incendie, même l'écrasement d'avion récemment.»

Comme ces dossiers sont toujours devant la justice, il ne peut pas en parler.

Ces appareils, qui ont coûté au total environ 40 000$, sauvent beaucoup de temps. Auparavant, les experts en identité judiciaire ne pouvaient compter que sur des croquis. «Ça permet de rendre ça très visuel.»

Dorénavant ils pourront expliquer davantage les résultats de leurs travaux aux juges et aux membres du jury.

-D’après un reportage d’Harold Gagné