L’itinérant est tué, jamais blessé par la police

Client de la Mission Old Brewery à Montréal depuis une décennie, l’homme de 38 ans en crise abattu par le SPVM vendredi, aurait-il pu connaître un autre destin? Le directeur du refuge qui accueille des sans-abri se questionne.

«Y a -t-il d’autres options que la police puisse mettre en place», avance d’une voix posée Matthew Pearce. Le taser gun serait-il un des outils à privilégier par le SPVM? «Je ne sais pas si ça aurait pu être utile dans le contexte, mais les chances que le monsieur soit toujours vivant seraient avantagées», ajoute M. Pearce.

Peu avant sa mort, l’itinérant, qui a été atteint d’au moins un projectile, aurait agressé à l’arme blanche un individu, le blessant au haut du corps. Les agents tentaient de l’intercepter quand les choses ont dégénéré. Ils l’ont repéré derrière la Mission Old Brewery.
Détresse et maladie mentale

Les patrouilleurs du SPVM ont de plus en plus à composer avec les itinérants en détresse psychologique, souffrant de maladie mentale, voire au comportement menaçant. «C’est la 4e fois en quatre ou cinq ans que la police confronte une personne itinérante et le résultat est que l’itinérant est tué, jamais blessé par la police», déplore le directeur de la Mission Old Brewery.

Quel genre d’homme était celui qui a été tué vendredi tout près de la Mission Old Brewery? «Les gens qui travaillent à la mission disent qu’il était toujours paisible, qu’il n’a pas d’incident, d’agression, d’agressivité. Il a été chez nous, il a quitté et il est revenu sur une période de 11 ans. [...] Ça circule parmi les gens qu’il avait une problématique de santé mentale, mais je ne peux pas le confirmer en ce moment», précise Matthew Pearce.

Ce dernier aimerait que le lien entre la clientèle de la mission et les forces de l’ordre s’améliore. «Lors d’une telle crise dans le domaine public, il y a toujours des options. Est-ce l’individu qui a coupé des options ou la police? On doit examiner la formation de la police, comment diminuer les tensions», met en lumière M. Pearce.

«À la mission, on veut ouvrir un dialogue avec la personne et ne pas essayer de la contrôler trop, donner de l’espace plutôt. Mais, je ne suis pas en mesure de dire si on aurait pu le faire la semaine dernière», conclut Matthew Pearce.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) mène l’enquête puisqu’il y a eu mort d’homme, vendredi.