La répression policière et politique vis-à-vis les antifascistes à travers le monde

Le slogan ''La police au service des riches et des fascistes'' ne sort pas de nulle part! Depuis des décennies, la flicaille va toujours aller à l'encontre de la gauche, peu importe qui ils-elles devront protéger..... et cela donc inclut de protéger des fachos crânes rasés nationaleux identitaires de marde..... Les militants antifascistes se rassemblent entre autre pour s’opposer à l’instrumentalisation de l’extrême droite, de la crise et du désespoir engendré par les politiques d’austérités imposées par le gouvernement. Ils-elles se rassembleront également pour contrer les manifestations de fachos. Pour les manifestants-es antifascistes, il est essentiel d’être présents-es dans les rues pour s’opposer à leurs idées inacceptables et dangereuses. Ce texte, sous forme de brèves actualités, a pour but d'informer, au niveau international, ce que les antifascistes ont a subir comme répression de la part du gouvernement et de leur service de police quand vient le temps de défendre leurs idéaux.

GRÈCE:
Le 18 septembre 2014, 10 000 antifascistes ont manifesté en mémoire de Pavlos Fyssas à Athènes. Pavlos, rappeur antifasciste, avait été assassiné par un groupe de fascistes affiliés à
l'Aude Dorée, dans la rue, un an plus tôt, devant le regard de quelques policiers-ères immobiles. La manifestation a été attaquée sur tout son long, 40 minutes après avoir commencé. Les policiers-ères anti-émeute et les brigades à mobylette ont lancé des grenades lacrymo et flash bang à l’intérieur de la manifestation. Une centaine de personnes ont été arrêtées. De semblables affrontements avaient eu lieu lors d'une manifestation le 26 septembre 2013, suite à la mort de Pavlos. Des manifestants-es avait pris-es d’assaut un quartier général d’Aube Dorée. Une semaine après la mort de Pavlos, la police grecque a annoncé la démission de deux de ses généraux et ordonné une enquête sur des liens éventuels entre les policiers et l'Aube dorée, suite à de nombreuses pressions venant des citoyens-nes.

Le 1er février 2014, plus de 3000 sympathisants-es d’Aube Dorée s’étaient réunis-es dans le centre-ville d’Athènes. En marge de ce rassemblement, des dizaines de personnes avaient organisé une contre-manifestation qui a été sévèrement encadrée par la police anti-émeute. De violents heurts ont fini par opposer les policiers-es et les antifascistes. Au moins deux d’entre eux ont été blessés.

Le 30 septembre 2012, les participants-es à une manifestation contre le parti fasciste Chrysi Avgi (Aube Dorée) ont été battus-es et torturés-es après leurs arrestations par la police grecque. Les flics auraient utilisés des techniques semblables à celles pratiquées dans les prisons comme Abou Ghrib (prison central de Bagdad). Les prisonniers-es furent battus-es, filmés-es nus-es et eurent la peau brûlée. Les flics les insultèrent, les frappèrent et leur crachèrent dessus, tout en se servant d’eux-elles comme cendrier. Les flics les ont tenu éveillé pendant toute la nuit et pendant 19 heures on ne leur donna ni à manger, ni à boire, et on ne leur permit pas de contacter leurs représentants légaux. Les policiers-es les filmèrent et menacèrent de publier leurs photos sur Internet et de donner leurs adresses aux fascistes d’Aube dorée.
Deux femmes parmi les personnes arrêtées se sont plaintes d’avoir subi des insultes et des violences sexuelles, un des hommes rapporta que la police lui avait violemment écarté les jambes et lui avait donné des coups de pied dans les testicules.

FRANCE :
Le 25 octobre 2014, 300 personnes ont assisté à un concert de rap antifasciste à Lille. L'ex-dirigeant de la Maison Flamande, proche de Serge Ayoub et de son organisation 3ème Voie, accompagné d’une dizaine de fafs, ont attaqué des spectateurs-trices se rendant au concert. Hermant n’a pas hésité a tirer au flash ball sur ces spectateurs-trices et sur des passants-es, en pleine rue, sous les yeux complaisants de la police. Suite à cette agression, un groupe de militants-es antifascistes est intervenu devant un commerce qui a servi de base arrière aux fascistes, et dont Hermant est le gérant, afin de porter secours à ces spectateurs-trices. Les fascistes, débordés, ont alors pu compter sur la collaboration active de la police : Hermant et son groupe ont à nouveau fait usage d’armes sur la voie publique (flash ball, bombes lacrymogène) et la police, sur demande du groupe de nazillons, a chargé les antifascistes à coups de matraque et de gaz lacrymogène. Quelques interpellations sont à déplorer. Tout le reste de la soirée, Hermant (qui appelle les flics par leurs prénoms) tournait aux alentours du concert dans une voiture de police.

La connivence entre la police et les fascistes lillois n’est plus à démontrer. Déjà en 2009, la police avait communiqué les noms et adresses de 26 antifas à Hermant, en toute impunité.
Le 3 septembre 2014, Esteban Morillo est remis en liberté, après avoir tué Clément Méric, un antifasciste, en juin 2013. Ce meurtre a suscité beaucoup de manifestations depuis un an et demi à travers l'Europe.

Le 3 avril 2014 avait lieu à Toulouse une contre-manifestation antifasciste qui s'est terminée par 9 arrestations pour violence aggravée et outrage à agents. Au procès, le juge a reproché des violences qui n’avaient pas eu lieu "Que ce serait-il passé si les CRS n’avaient pas étés là ?" Résultats : 4 personnes condamnées à des peines fermes de 1 à 4 mois de prison, 3 personnes condamnées à des peines de sursis de 3 à 4 mois de prison. La manifestation du 5 avril dernier qui rassemblaient des néo-nazis et dieudonnistes étaient autorisée et protégée par la police.

Le 17 septembre 2014, 40 députés ont déposé une proposition de loi ''tendant à élargir les conditions de dissolution des associations ou groupements de fait tels que les groupes antifas''. Cette initiative, aussi ridicule qu’elle puisse sembler, s’inscrit dans un contexte qui montre quelle place occupe aujourd’hui l’antifascisme dans les représentations des forces politiques, particulièrement à droite.

Le 23 mai 2009, une manifestation contre la répression d’État s’est déroulée à Lille. Elle s’est terminée devant la ’Maison flamande’ de Lambersart, un lieu fondé par les fascistes de Jeunesse identitaire et Terre celtique. Au total il y a eu 26 arrestations d'antifascistes. Le 9 juin, sur YouTube, une vidéo est diffusée par la ’Maison flamande’. Un montage montre les photos des 26 antifascistes arrêtéEs, avec leurs noms, prénoms et coordonnées personnelles. Ces informations provenaient du service de Police. 7 des accuséEs ont porter plainte au préfet de police pour avoir ''illégalement diffuser des informations personnelles''. La vidéo a été retirée une semaine plus tard mais le mal était déjà fait.

ESPAGNE:
Le 12 octobre 2012 a eu lieu un rassemblement antifasciste à Bilbao contre la présence d’un groupe de fascistes du parti phalangiste qui étaient arrivés de Madrid pour protester dans le centre de la ville basque. La police a empêché les antifascistes de se rassembler, et celle-ci a utilisé des matraques et des balles en caoutchouc pour disperser la foule, qui se comptait par centaines de personnes. Les affrontements entre les antifascistes et la police ont alors commencé, et des barricades ont été érigées partout dans le centre de la ville pour se solder par 14 arrestations.

Le 12 octobre 2009, le parti fasciste nazi Alianza Nacional a convoqué un rassemblement pour le jour de l’hispanité. Quelques dizaines d’antifascistes se sont concentrés-es dans les environs de la place pour montrer leur opposition aux fascistes et pour essayer d’empêcher le rassemblement d’Alianza Nacional. La police anti-émeute surveillait la place depuis le début de la matinée. Quand les antifascistes ont essayé de s’approcher de la place, la police anti-émeutes s’est trouvée débordée et s’est retirée du lieu. À ce moment, les nazis et les antifascistes se sont jetés-es des pierres, des bouteilles et d’autres objets, en arrivant à être presque face à face. À côté des antifascistes sont tombés des écrous et des vis, une munition préparée d’avance par les nazis. Les nazis et la police ont alors chargé ensemble. Six jeunes hommes ont été arrêtés

ALLEMAGNE :
Le 2 juin 2012, de violents affrontements ont éclaté entre les nazis, antifas et policiers. 10 000 antifascistes ont manifesté près de l’Hôtel de Ville mais de nombreux autres se sont rendus dans le quartier de Wandsbek pour bloquer une manif fasciste. La police de Hambourg a arrêté plus de 700 personnes après que des centaines d’antifas masqués-es aient érigé des barricades de poubelles en feu afin de bloquer la marche des nazis et lancés-es des feux d’artifices, des bouteilles et des pierres sur les nazis et les policiers qui leur ouvraient la voie.

RUSSIE :
Le 23 février 2012 avait lieu le procès de 4 antifascistes, risquant 7 ans de prison. L’accusation principale de la police politique (le "Centre Anti-Extrémiste" ou Centre-E) est d’avoir créer, à Nijni-Novgorod, l’organisation extrémiste "Antifa RASH", qui aurait comme but, selon la police, d’agir violemment envers "des skinheads, fans de foot" et "les citoyens riches de Russie". Les faits évoqués sont trois banales bagarres entre antifascistes et néonazis, n’ayant provoqué que des blessures légères. Les arrêtés n’ont même pas participé à ces bagarres, ils ont des alibis inattaquables, et les fascistes ne les ont pas reconnus. Mais ils restent tout de même accusés pour ces bagarres en raison de motivations "idéologique de haine contre des groupes sociaux".

TURQUIE :
Nurtepe est un arrondissement ouvrier d’Istanbul où la gauche radicale est profondément implantée depuis le milieu des années 1970, une gauche qui a dû consentir à de lourds sacrifices pour arracher ce quartier des mains de la mafia immobilière et protéger sa population des incursions meurtrières de l’extrême droite, de la police et de l’armée. Le dimanche 15 mars 2009, l’un des quartiers de Nurtepe a été le théâtre d’une répression sanglante. Vers 16h, de retour d’un meeting organisé à Caglayan par le Parti fasciste MHP, un convoi électoral a été bloqué par les habitants-es du quartier. Après une demi-heure d’affrontements, les fascistes ont fini par battre en retraite. La police, arrivée en renfort, est alors intervenue et a tiré en direction des militants antifascistes. Un membre du Front populaire (Halk Cephesi) a été blessé par balles. Les membres du Front populaire ont appelé à une conférence de presse sur les lieux de l’incident. La police, armée de blindés, d’autopompes et de matraques, est intervenue une nouvelle fois.Les affrontements entre les révolutionnaires armés de pierres et la police tirant à balles réelles se sont poursuivies jusque tard dans la nuit. Peu avant minuit, 23 manifestants-es ont été arrêtés-es, tandis qu’un hélicoptère de la police suivait les déplacements des manifestants-es et que des policiers-es en civil procédaient à des contrôles d’identité. Les militants-es arrêtés-es auraient été soumis-es à des tortures et des mauvais traitements.

Si nous ne laisserons jamais les organisations nationalistes réactionnaires tenter d’imposer leurs idées au reste de la société, nous n’oublions pas non plus les responsabilités de l’État dans le climat raciste délétère qui pourrit les relations sociales. L’État est bien mal placé pour prétendre lutter contre l’extrême droite, alors qu’il orchestre expulsions et discriminations au sein même du modèle qu’il défend, mais c’est à nous de ne pas lui laisser occuper l’espace de la résistance antifasciste. Quand l’État préfère arrêter des militants antifascistes plutôt que des gens qui prônent ouvertement des idées racistes et xénophobes, au vu et au su de tous, ce qui est pourtant un délit, quelque chose ne tourne pas rond dans un pays qui se dit démocrate. Si le gouvernement les protège, c’est que les fascistes lui sont très utiles : d’abord ils diffusent efficacement ses idées, désignant les mêmes boucs-émissaires (étranger-e-s, musulman-e-s, chômeurs-ses, et combien d’autres encore), popularisant les mêmes solutions radicales qui consistent à stigmatiser et exclure. Mais en plus, ils sont un ennemi majeur pour le mouvement social, à qui ils font barrage par leurs attaques, leur propagande et leurs provocations.
Nous ne pouvons supporter une situation où les fascistes ont les mains libres tandis que l’on enferme ceux et celles qui les dénoncent et organisent la mobilisation et une riposte militante face à eux. RÉSISTANCE!

*texte originalement écrit pour Casse Social*