Les policiers l’arrêtent pour rien et tirent sur son chien

ODANAK | Un homme de 35 ans poursuit les policiers qui l’ont arrêté par erreur et qui ont tiré sur son chien pendant l’intervention.

Edward Coughlin était dans sa résidence d’Odanak, une réserve autochtone du Centre-du-Québec, le 30 juin 2013 vers 4 h du matin, lorsque deux policiers à la recherche d’un homme qui en avait frappé un autre avec un bâton de baseball ont cogné à sa porte.

Selon sa version, un policier lui a ordonné de se coucher à plat ventre au sol dehors, tandis que le chien était toujours libre. Il n’a pas vu l’autre policier tirer trois balles vers Willy, son pitbull croisé avec du labrador, mais il est certain qu’il n’était pas agressif.

«Il s’est lamenté comme jamais. Un cri que je n’avais jamais entendu. Je ne savais même pas qu’un chien pouvait se lamenter de même. C’était épouvantable», raconte son maître Edward Coughlin.

Le chien Willy n’est pas mort, même après avoir reçu deux balles.

La police affirme plutôt dans un document de cour que le pitbull est sorti avant son maître et qu’il jappait, avait les crocs sortis et était prêt à attaquer.

Un policier aurait fait feu sur le chien pour éviter des blessures graves avant que le maître ne sorte de la maison.

Erreur sur la personne

M. Coughlin a été emmené au poste de police après avoir rentré dans la maison son chien qui saignait abondamment.

Selon la poursuite, une fois rendus au poste, les policiers se sont aperçus qu’ils avaient arrêté la mauvaise personne et ils ont reconduit M. Coughlin à son domicile, où gisait toujours son chien.

«Je suis rentré dans la maison et je ne voyais le chien nulle part. Je voyais juste du sang éparpillé partout. Je vais voir dans ma chambre et il était dans mon lit. Et le chien remuait encore la queue, même après tout ça», raconte Edward Coughlin.

Willy a dû subir deux opérations en plus d’une hospitalisation, ce qui représente des frais de 6589,75 $, selon la poursuite civile.

M. Coughlin poursuit maintenant pour 37 109,75 $ le corps de police des Abénakis, le Conseil des Abénakis d’Odanak ainsi que les deux policiers qui sont venus l’arrêter.

La police estime pour sa part que ces montants sont exagérés.

Le directeur du corps de police des Abénakis Éric Cloutier affirme qu’il faudra attendre les conclusions du comité de déontologie policière pour déterminer si des sanctions s’appliqueront.

Il refuse pour l’instant de commenter la situation.