Les policiers veulent empêcher la diffusion d'Enquête

VAL-D’OR | L’Association des policiers provinciaux du Québec vient d’expédier une lettre recommandée à Radio-Canada afin que l’émission Enquête traitant des allégations de femmes autochtones à l’endroit de policiers de Val-d’Or ne soit pas diffusée ce soir.

Radio-Canada entend rediffuser jeudi soir le reportage Abus de la SQ: Les femmes autochtones brisent le silence. Ce reportage diffusé en octobre 2015 est à l’origine d’une crise de confiance entre les communautés autochtones et la Sûreté du Québec. Les policiers de la SQ laissent jusqu’à 17h aujourd’hui à Radio-Canada pour annoncer que le reportage ne sera pas diffusé sans quoi ils entameront d’autres recours contre la Société d'État.

Le Journal a révélé mardi qu’après l’enquête du SPVM, aucune accusation criminelle n’allait être déposée contre les six policiers de la SQ du poste de Val-d’Or qui étaient visés par ces allégations. Le DPCP confirmera l’information demain à Val-d’Or.

Le mois dernier, 41 policiers du poste de la SQ à Val-d’Or ont déposé une poursuite de 2,3 M$ contre Radio-Canada et la journaliste Josée Dupuis.

Selon la lettre obtenue par Le Journal, en diffusant à nouveau son reportage «Radio-Canada démontre qu’elle ne se soucie aucunement de la réputation de nos clients (les policiers de Val-d’Or), et ce, bien que nous ayons détaillé abondamment dans notre recours contre Radio-Canada et Josée Dupuis les dommages que ceux-ci ont subis en raison de la diffusion initiale du Reportage et la couverture médiatique qui s’en est suivie», peut-on lire dans la lettre envoyée par huissier jeudi matin à Radio-Canada.

Selon l’APPQ, il s’agit d’une mauvaise foi patente de Radio-Canada alors qu’elle sait qu’aucune accusation ne sera portée, la société d’État ayant elle-même relayée l’information publiée mardi par Le Journal.

L’APPQ poursuit en disant que l’enquête du SPVM a été supervisée par une observatrice indépendante qui a elle-même mentionné dans son rapport rendu public hier que l’enquête du SPVM «a été menée selon les plus hauts standards, sans complaisance à l’égard des policiers impliqués, dans le plein respect des droits des victimes et en tenant compte de la nature sexuelle de certaines allégations et du contexte autochtone», peut-on y lire.