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Alors que tous se font dire de se serrer la ceinture, le SPVM s’offre un véhicule de 364 606 $ — jouet que le Journal de Montréal qualifie d’«engin de guerre».
La violence est partout en baisse, mais nos policiers, qu’on présente en braves héros, auraient besoin d’équipement militaire pour affronter l’occasionnel tireur fou ou — on s’en doute — les manifestations qui voudraient être plus qu’une simple parade. «Il ne faudrait pas attendre qu’un événement malheureux survienne pour agir», disait Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers de Montréal. «Les grandes villes nord-américaines s’équipent de plus en plus de blindés. Malheureusement, on est rendus là.» En effet, nous sommes rendus là — un état de guerre permanent où le public accepte qu’on lui retire ses droits au nom de la «sécurité».

«Ça fait cinq ans que les policiers du SWAT de Montréal en demandent un», lançait en avril Yves Francoeur. Le voilà votre blindé à 364 606 $, M. Francoeur. Sans doute que des décideurs s’affairent avec autant d’ardeur à répondre aux demandes de l’enseignante qui se plaint d’avoir à payer de sa poche les matériaux de base pour sa classe.

Certains citoyens s’inquiètent avec raison de la nouvelle acquisition du SPVM, qui sont, après les événements de l’an dernier, habitués de voir déferler dans les rues les policiers-militaires du SPVM. Lorsqu’on lui a demandé si le camion allait être déployé lors de manifestations, François Houle, commandant du SWAT, a laissé la porte ouverte:
Houle was asked whether it would be used in demonstrations similar to the massive protests carried out by students last year.
He responded that it would only be used where protection from ballistic weapons is required.

Connaissant le SPVM, on va commencer par l’utiliser pour se protéger des «ballistic weapons», mais tranquilement seront jugés assez menaçants les simples «projectiles». Rappelons que, l’hiver dernier, le SPVM avait justifié la violente répression d’une manifestation en disant qu’on lui avait lancé des projectiles — des balles de neige.
Source : http://alombre.com/2013/11/07/la-militarisation-du-spvm-se-poursuit/

D’ici quelques mois, le SPVM veut équiper la bête d’un bélier télescopique capable de défoncer une porte de garage ou une fenêtre située jusqu’à 12 pieds de hauteur. «On l’a peint en gris, car l’œil perd de vue cette couleur bien plus rapidement que le noir», ajoute M. Côté. Pour le logo du SPVM, un lettrage mat non réfléchissant a été utilisé.
Plusieurs villes comme Québec, Vancouver et Toronto ont fait l’acquisition de ce type de véhicule récemment. Mais pour certains, cela est du gaspillage de fonds publics. Le documentariste Moïse Marcoux-Chabot, qui a filmé les manifestations étudiantes de 2012, est de ceux-là.

Celui qui a évalué cette tendance à la militarisation de plusieurs services de police municipaux conclut sur son blogue : «Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour refuser d’admettre que les premiers à profiter de la vente des véhicules tactiques blindés sont les compagnies fabriquant ces véhicules ainsi que leurs actionnaires. Capitaliser sur la peur et la sécurité en vendant des équipements surévalués au secteur public est une tactique commerciale blindée».