Trois contraventions et des blessures pour un «stop» manqué

Un homme de Pointe-aux-Trembles dénonce le comportement d’un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui l’aurait malmené en lui imposant trois contraventions totalisant près de 760$ à la suite d’un arrêt obligatoire manqué.

Jean-Eudes Deraîche, connu pour son implication au sein du hockey junior AAA, du hockey mineur et de fêtes de quartier, explique avoir porté plainte contre un policier auprès du Commissaire à la déontologie policière.

«Je veux dénoncer ça pour que les citoyens sachent, pour que si un autre rencontre ce policier-là, qu’il se protège», lance l’homme de 64 ans.

Les faits allégués dans la plainte, dont TC Media a obtenu copie, remontent au 5 janvier dernier, peu après 11h. Jean-Eudes Deraîche circulait rue Forsyth avec sa Mazda quand il est arrivé devant un panneau d’arrêt. «J’ai voulu m’arrêter, mais mon véhicule a dérapé à cause de la chaussée enneigée», dit-il.

L’agent en question, qui se trouvait là, l’interpelle. M. Deraîche tente de plaider sa cause et se fait alors dire qu’il s’expose à une deuxième contravention, cette fois pour ne «pas avoir adapté sa conduite aux conditions hivernales».

Ahuri, le sexagénaire fait valoir qu’il a une fille policière et que cette dernière «n’approche pas les gens comme ça». La tension monte alors d’un cran. Selon M. Deraîche, l’agent lui demande ses papiers pendant qu’il tente toujours de s’expliquer.

«Il m’a dit de sortir de l’auto, qu’il m’arrêtait et j’ai demandé pourquoi. Il m’a alors agrippé le bras, a essayé de le coincer derrière mon dos et en même temps, a agrippé l’arrière de ma tête et a essayé de la cogner sur la voiture. Si je n’avais pas mis ma main droite entre mon visage et l’auto, il m’aurait brisé les lunettes dans le visage», raconte-t-il.

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D’après M. Deraîche, l’agent a lâché prise en constatant que l’automobiliste saignait à l’oreille. Il serait alors retourné à son autopatrouille pour en revenir avec trois contraventions: une de 482$ pour refus de fournir des documents, une de 169$ pour ne pas avoir immobilisé son véhicule à un panneau d’arrêt et une de 107$ pour ne pas avoir réduit sa vitesse en fonction des conditions de la météo ou de la chaussée.

L’automobiliste conteste les trois contraventions et assure avoir fourni les documents nécessaires à l’agent. Dans sa plainte, il clame être anxieux depuis les événements et fait état de blessures légères à l’oreille, au visage et à la main.

Le SPVM n’a pas voulu faire de commentaires ou corroborer les faits allégués, l’affaire faisant l’objet d’une plainte relative à la déontologie.

L’agent ciblé par la plainte a déjà eu à faire avec le Commissaire à la déontologie policière en 2006. Celui-ci lui reprochait, ainsi qu’à deux autres agents, d’avoir dérogé à trois articles du Code de déontologie policière lors d’une intervention à la station de métro Vendôme, en juin 2005. Les trois agents ont été disculpés par le Comité de déontologie en février 2008.

M. Deraîche attend la suite des choses. Il affirme avoir accepté un processus de conciliation, mais s’être fait dire qu’une première rencontre pourrait survenir dans deux ou trois mois.