Pichet demande à la SQ de revoir des enquêtes des Affaires internes

À la suite des révélations faites par «J.E.», le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Philippe Pichet demande à la Sûreté du Québec (SQ) de revoir des enquêtes menées par les Affaires internes du SPVM.

M. Pichet s’est dit «très préoccupé» par les allégations formulées par des anciens employés du corps de police montréalais selon lesquelles le SPVM fabrique de la preuve afin de faire taire ses employés.

«Il y a certains faits troublants aussi quand on regarde l’émission, toutes sortes de rencontres, a-t-il déclaré. Je vous dirais que tout de suite après l’émission, j’ai parlé à M. Martin Prud’homme, directeur général de la SQ, et question de transparence, je lui ai demandé de revoir toutes les enquêtes. Au moins les trois, celles de monsieur Di Feo, celles de M. Cacchione et celles de M. Roger Larivière, parce que les autres sont devant les tribunaux présentement. Je lui ai demandé de revoir toutes les enquêtes et aussi d’y inclure les faits nouveaux qu’on pourrait rapporter.»

Par le fait même, le directeur du SPVM invite les intervenants qui ont participé au reportage de «J.E.» et qui souhaitent transmettre des informations à contacter la SQ «à partir de maintenant».

Je suis avec @felixseguin suite à la diffusion de l émission JE @tvanouvelles. J ai demandé @sureteduquebec de revoir ces enquêtes du @SPVM pic.twitter.com/KGTZLFfB9i
— Philippe Pichet SPVM (@Dir_Pichet) February 22, 2017

Quelques instants après cette déclaration, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux a réagi sur son compte Twitter.

«Les faits soulevés par «J.E.» sont sérieux et méritent une action concrète, a-t-il écrit. Je viens de parler avec Denis Coderre et nous avons convenu qu’il fallait assurer la confiance dans nos institutions et faire la lumière. Tout comme le maire, je suis rassuré par la demande du SPVM qui confirme que la Sûreté du Québec mènera une enquête.»

Toujours sur Twitter, Denis Coderre a indiqué être «rassuré» par l’annonce de Philippe Pichet «qui a agi immédiatement, sans faux-fuyant». Il a profité de l'occasion pour réitérer «tout son appui» envers le directeur du SPVM.

Pétition pour une enquête sur le SPVM

De leur côté, les policiers du SPVM réclament une enquête publique sur leur propre corps de police. Une pétition «réaffirmant que les policiers ont les mêmes droits fondamentaux» que les citoyens circule d’ailleurs dans bon nombre de postes de quartier.

Selon une source, «c’est l’émission «J.E.» dans laquelle plusieurs témoignages démontraient la façon de faire des Affaires internes du SPVM lors d’enquête sur les policiers qui a déclenché le mouvement».

Le document déjà signé par plusieurs policiers dans une dizaine de commissariats et dans trois centres d’enquête de la police de Montréal fait état d’une «inquiétude grandissante» au sein des 4600 policiers du SPVM.

Intervention demandée

«Nous demandons au ministre Martin Coiteux et au gouvernement du Québec d'intervenir en déclenchant une enquête publique visant le SPVM et ses dirigeants, particulièrement les affaires internes ainsi que les enquêtes spéciales...» peut-on y lire.

Les signataires de la pétition dénoncent:

- les multiples fouilles intrusives dans la vie privée des policiers

- l’utilisation du Code criminel pour enquêter sur le disciplinaire

- la manipulation des faits dans les affidavits

- les enquêtes internes instiguées par esprit de vengeance

- la chasse aux sorcières pour trouver les sources journalistiques

- l’ingérence malsaine de l'administration municipale

Accusations graves

Lors de l’émission «J.E.», notre Bureau d’enquête a recueilli, pour une première fois, le témoignage à visage découvert de trois ex-employés de la police de Montréal.

Ceux-ci affirment que le deuxième plus grand service de police municipal au pays fabrique de la preuve afin de faire taire ses employés. Le directeur de la police montréalaise a nié avec force ces allégations.

Les instigateurs du mouvement allèguent qu’«à la lumière des nombreuses sorties médiatiques récentes à ce sujet, il est légitime de douter de l'impartialité avec laquelle nos membres sont enquêtés et accusés par le personnel des enquêtes spéciales"

Ils enjoignent le ministre de la Sécurité publique à «réviser les dossiers d’accusations contre nos (les) policiers au cours des dernières années» et «à trouver les responsables de toute irrégularité et prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la justice.»