Pour en finir avec la répression: Multiplions les actions! Speech du 15 mars 2017!

*English follow*

Chaque année, chaque 15 mars, nous sommes là.

Chaque année, nous occupons l'espace pour dénoncer la brutalité et la répression policière, le profilage social, racial et politique, la militarisation de la police, leur sexisme, leur racisme, leur homophobie et leur transphobie... Soulignons d’emblée cette manifestation se déroule sur un territoire Mohawk non-cédé , que les communautés autochtones sont les premières victimes d’un état colonial et policier.

Cette année, on manifeste dans les rues d’Hochelaga pour rappeler que brutalité policière et gentrification sont deux facettes d’une même médaille.
Pour rappeler que les condos poussent comme de la mauvaise herbe pendant que les flics nous expulsent des parcs et des lieux publics, harcèlent les itinérants et les itinérantes, les travailleuses du sexe et toutes les personnes qui ne cadrent pas dans leur beau plan d’avenir et de « vitalité ». Pour rappeler que les flics protègent les commerces bourgeois alors que les centres communautaires sont en décrépitude.
Pour rappeler qu’il n’y a pas que Patrick Lagacé et les journalistes qui subissent les dérives sécuritaires du SPVM et que la rue Ontario est constamment patrouillée par des flics intimidants, harcelants et intrusifs.

Année après année nous nous posons la même question: "qui nous protège de la police?".

Cette question nous brûle les lèvres quand un bureau d'enquête indépendant entre enfin en opération, mais par manque de ressources, confie des enquêtes au SPVM.

Cette question s'impose quand une mort aux mains du SPVM est considérée comme un fait divers par les médias. Ayons une pensée pour André Benjamin et Jean-François Nadeau, deux morts sous les balles du SPVM dans Hochelaga, dont l’assassinat n’aura fait couler que très peu d’encre. Pensons à ces personnes dites « en crise », en état de grande détresse psychologique, à qui l’aide apportée prend la forme de flics agressifs pour qui désamorcer une crise rime avec cris, menaces, matraque, taser, gun… Parce qu’on déchire le filet social à grands coups de coupures et qu’on dépense sans compter pour armer les flics qui ramasseront brutalement celles et ceux qui glissent dans les craques.

Cette question, on se la pose probablement toutes et tous en pensant aux femmes de val d'or et des diverses communautés autochtones. Ce n’est pas un comité d’hommes blancs, constables ou civils, qui éradiqueront la violence coloniale qui perpétue et normalise le viol et les agressions commises sans relâche envers ces femmes depuis 500 ans.

Cette question, on se la pose également lorsque les policiers en moyen de pression reprennent le slogan de Donald Trump pour en faire la devise : « make spvm great again», sans se soucier du caractère misogyne, raciste et provocateur de ce slogan.

Cette question, nous nous la posons quotidiennement alors que nous faisons face aux abus policiers de toutes sortes, et que les moyens mis à notre disposition comme la déontologie policière sont des coquilles vides et inaccessibles.

À la question, « qui nous protège de la police? » la réponse est donc invariablement qu’on ne peut compter que sur nous-mêmes, nos communautés, nos quartiers et nos solidarités. Nous protéger par et pour nous même de la police, c’est multiplier les liens, les rencontres et les actions à l’extérieur des institutions qui supportent et légitiment la police, c’est bâtir un rapport de force constant, c’est être vigilants et vigilantes face aux abus quotidiens, c’est se rappeler des gens agressés, tués ou violés par le SPVM, la SQ ou la GRC.

Cette année le COBP veut célébrer les efforts collectifs pour faire valoir nos droits, dénoncer les abus policiers, lutter contre la répression, dévoiler au grand jour l'inacceptable. Malgré les résultats parfois décevants, soulignons le courage, la force et la détermination de celles et de ceux qui choisissent d'agir et de se battre.

Nous voulons saluer les actions, l'émergence de plusieurs groupes autonomes et les initiatives individuelles et collectives. Nous saluons la façon dont vous luttez contre la violence d'un système et ce, malgré la violence de sa réponse.

Tant que l'injustice sera, nous serons là.

No justice, no peace.

Le COBP

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Every year, every 15th of March, we are here.

Each year, we are occupying this place to denounce police brutality, repression, social, racial and political profiling. We are here to denounce the militarization of the police, their sexism, their racism, their homophobia and their transphobia ... Let us emphasize this Demonstration takes place on stolen land, that indigenous communities are the first victims of a colonial and police state.
This year, in the streets of Hochelaga, it is remarked that police brutality and gentrification are two sides of the same coin.

Let us remember that condos are growing like weeds, while cops expel us from parks and public places. They are harassing the homeless, the sex workers and all those who do not fit into the system's expectations. Let us remember that the cops protect the bourgeois businesses and state property, while the community centers are in decay.

Let us remember that Ontario Street is constantly patrolled by intimidating, and intrusive cops. They are harassing people that are already suffering enough.
Year after year we ask ourselves the same question: "who protects us from the police?".

We ask ourselves this question when an independent investigation office finally begins to work on a case, but for a lack of resources, they have to entrusts the investigations to the SPVM.

Year after year we ask ourselves the same question: "who protects us from the police?".

This question arises when a death in the hands of the SPVM is considered acceptable by the media. Let us have a thought for André Benjamin and Jean-François Nadeau, two murdered by the bullets of the SPVM in Hochelaga, whose deaths barely made into the media.

We ask ourselves this question, "who protects us from the police?", when we think about the women from Val d`Or who have disapeared, who were violated by police officers. Think of the families who are defensless against a system that upholds 500 years of the unending colonialization of their native people. Who will eradicate the rapes, and the violence that has been ignored for far too long.

"who protects us from the police?"
This question is also raised when police officers adopt their new slogan inspired by Fascist Donald Trump: "make spvm great again", without worrying about the misogynist, racist and provocative character of this motto.

"who protects us from the police?"
We ask ourselves this question every day as we face police abuses of all kinds, and the means at our disposal, such as police deontology, are corrupt and illusory.

"Who protects us from the police? "
The answer is that we can count only on ourselves, our communities, our neighborhoods and our solidarity to protect ourselves, on our own accord, from the police. It is up to us to multiply our connections, mutiply the meetings and the actions outside the institutions that support and legitimize the police. It`s on us to build a constant balance of power. We have to be vigilant in the face of everyday abuse. We must remember the people assaulted, killed and raped by the SPVM, the SQ and the RCMP.

This year, the COBP wants to celebrate collective efforts to assert our rights, to denounce police abuses, to fight against repression, to expose the unacceptable. Despite the sometimes disappointing results, let us emphasize the courage, strength, and determination of those who choose to act and fight.

We want to welcome more actions, and the emergence of autonomous groups. Let us see more individual and collective initiatives. We commend the way you fight against the opression of this system, despite the violence in its response to oposition.
As long as there is injustice , we will act against it.

No justice, no peace.

The COBP