Ontario : un policier emprisonné après avoir laissé mourir une femme en détention

Un policier ontarien a été condamné lundi à 12 mois de prison, après avoir été jugé coupable de négligence criminelle.

Il s'agit de la première condamnation de ce genre au Canada, selon le «Globe and Mail».

L'agent Nicholas Doering a été jugé coupable de la mort de Debralee Chrisjohn, membre de la Première nation Oneida of the Thames. La victime est décédée dans les cellules de la police de London en Ontario le 7 septembre 2016. Elle avait été arrêtée plus tôt cette journée sous emprise de la drogue pour avoir essayé de grimper sur une camionnette en circulation.

Après son interpellation, le policier Doering a déclaré à ses collègues que les autorités médicales avaient examiné Debralee Chrisjohn et qu'elle était hors de danger, ce qui n'était pas vrai. Son état s'est alors détérioré lors de son transport vers le poste de la Police provinciale de l'Ontario. A son arrivée, les images des caméras de surveillance montrent des officiers traînant le corps de la victime à l'intérieur de sa cellule. Les policiers ont appelé les urgences lorsqu'ils l'ont découverte inconsciente. Elle est morte plus tard dans la nuit des suites d'une attaque cardiaque.

Ce verdict est prononcé alors qu'il existe une plus forte surveillance des forces policières dans leur traitement des populations noires et autochtones au Canada.

Alors qu'aucune preuve suggère que l'origine de la victime soit un facteur dans cette affaire, la juge Renee Pomerance affirme qu'il s'agit tout de même d'un élément à prendre en compte. «Le décès d'une femme autochtone lors d'une détention a un impact au-delà des parties impliquées dans l'affaire», a-t-elle dit selon le «Globe and Mail».

D'après les informations du journal torontois, le service de police de London a exprimé son inquiétude face à cette affaire. Il déplore «l'instauration d'un protocole de soins exigeant, qui pousse le personnel des forces de l'ordre à ses limites».

La chef de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, Marion Buller, a déclaré dans un communiqué que les circonstances de la mort de Debralee Chrisjohn «démontrent la relation rompue entre le peuple autochtone et la police», selon le «Globe and Mail».

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