Un parmi tant d'autres

27 March 2012

J'aimerais profiter de votre tribune pour m'exercer à une certaine critique de l'information journalistique offerte à la population du Québec. Le 27 mars 2012, une manifestation pacifique avait lieu à Québec. Comme à l'accoutumée, les manifestants de la région ont été d'un calme exemplaire, on ne dénote aucuns méfaits, mais une seule arrestation. Oui, une seule, c'étais moi! Avant même mon retour à la maison, certains médias parlaient de ''voie de faits sur un policier''. Sans nom, sans âge, sans description de l'incident et surtout sans témoins. J'en avais un moi, un témoin. Ce témoin a eu la démonstration d'une brutalité policière gratuite et agressive. Avant de vous raconter cette situation de moins en moins UNIQUE je suis un étudiant de Science Politique à sa dernière année, âgé de 25 ans, j'habites Montcalm et je n'avais jamais assisté à aucune manifestation. Durant le dernier mouvement étudiant, j'étais fort actif et fiché, c'est pourquoi dans ce mouvement je me gardais une certaine distance. Étudiant sur les prêts et bourses, endetté, pas de cellulaire, pas de laptop et maintenant pas de lunettes.

Par la magnifique journée du 27 mars, je me rends devant l'Assemblée Nationale, suite à l'invitation d'une amie qui allait manifester avec sa petite fille en poussette. Je rencontres Amir Khadir, j'échanges quelques mots avec lui, la manifestation commence. De la musique festive, des discours et de l'entrain, on se met en marche! Après la perturbation du ministère de l'éducation pendant une vingtaine de minute, sit-in devant l'Hotel-de-Ville et le complexe Price (Bureau de Jean Charest), nous continuons notre chemin, nous voilà au moment critique, à la croisée des choix. Descendre la Côte d'Abraham ou pas, la jeune maman décide de quitter, ne reste plus qu'un militant plein d'entrain que nous avions rencontré chemin faisant. Ce travailleur engagé ne s'attendait jamais à voir ce qui allait suivre. Nous descendions avec près de 200 manifestants la Côte d'Abraham, quand marchant à gauche je me fais projeter par en arrière, Une personne derrière moi m'a littéralement tiré de devant une auto-patrouille qui n'a jamais rallentie. Lorsque j'ai été projeté en arrière,ma bouteille d'eau a eu un jet qui a été projeté sur la fenêtre de l'auto-patrouille, selon ce que j'ai pu apprendre après.

Suite à cet accident évité de justesse, je proposes à mon compatriote de descendre les marches qui relient la Hautte et Basse-ville de Québec pour aller manger. On descend, rendus en Basse-ville, on se met à l'abri pour allumer nos cigarettes. Erreur coûteuse, on était relaxe, satisfait d'une magnifique journée de manifestation, deux policiers surgissent, Louis-Paul Roy matricule 3246 agent de la paix de Québec, me cri '' Té accusé de'' me frappe à la poitrine et me pojettes contre un ''rack à bécyk''en métal à coté par 2 fois. Stupéfait et incrédule, j'entends ''Il était innofensif'', L'agent Roy se tourne vers le témoin de la scène tout en me brutalisant sur la barre horizontale de métal. Je demandes aussitôt: ''Je veux ton numéro de badge'', il a refusé par 3 fois. Cette situation pour en être sensibilisée via la répression illustrée partout au Québec ne m'a pas supris.

Là où le bas blesse, c'est que pendant qu'ils, l'agent Dany Jobin #3147 et l'agent Louis-Paul Roy #3246 de l'équipe 1214, m'amenaient à une auto-patrouille venue me chercher, ils m'ont plaqué contre le mur, Jobin me tordant le poignet, je me retournes et dit les mots fatidiques ''Tu m'fais mal criss de sale'', les slogans, la chaleur, la violence dont je venais d'être victime qui sait, au même moment le policier ROY me vidait ma bouteille d'eau dans le cou en me tenant plaqué au mur et ce, devant d'autres policiers, la suite n'est que procédure ''normale'', arrivée au poste, détention jusqu'à la fin de la manifestation et remise en liberté. Accusations? ''Insulte à un policier''.
''Voie de faits sur un policier'' tels que décrié par certains médias, non. ''Voie de faits sur une autopatrouille avec de l'eau'' comme l'a dit par la suite le policier Jobin à mon témoin......non. J'ai été frappé, rentré dans un ''rack à bécyk'', frappé sur un mur, au nom d'un crime que j'ai commis après. Pouvons-nous appeler sa de la prévention au nom d'une insulte pouvant arriver à n'importe quel moment? Je ne veux pas crier au profilage, mais plusieurs vont me reconnaître si vous publier la photo. La réalité c'est qu'au Québec, l'État providence est devenu un état policier, probablement parce que la richesse fût distribuée à une minorité qui se sont subventionné des badges et le droit de tuer, de gazer, de matraquer et de poivrer. Au Québec, on est habitué aux PPPP, le Public Paye et le Privé Profite.

Je terminerais en disant quelques mots sur mes lunettes, ce bout de plastique inutile pour plusieurs, essentiel pour moi.
Mes lunettes étaient discontinuées, rares, sans aucune garantie, nouvelle et prometteuse, de marque et m'avaient pris du temps à choisir. Elles étaient pour moi une source de fierté, un symbole d'un nouveau départ, la confiance en l'avenir et leur vie s'est terminé en queue de poisson avec fracas. La métaphore entre Jean Charest, Line Beauchamps ou n'importe quel autre député libéral et mes lunettes serait méchante envers mes lunettes. Je les ai choisies avec soins, au soleil elles se teindaient, sans soleil elles étaient transparentes ce qui faisaient de mes lunettes une entité avec beaucoup plus de nuance que le gouvernement libéral, qui ne seraient que des lunettes d'aveugle, accessoire et sans autre utilité que cacher une réalité éprouvante.

Mes lunettes pour les votres, Mme Beauchamps sommes-nous quittes? Pouvons-nous enfin négocier?

Étape 1: Publier dans les journaux.
Étape 2: Plainte à la déonthologie policière. (Pourquoi 1 avant 2, parce qu'une fois n'est pas coutume, mais sa devient une tendance au Québec)

Jonathan Labrie
Étudiant en Science Politique Université Laval
27 Mars 2012

Désolé pour la rigueur, j'ai écrit une fois mon histoire et je la distribue partout.

Matricule du policier (séparer les numéros par des VIRGULES s'il y en a plusieurs): 

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Dossiers: 

Nom du policiers (séparer par des VIRGULES s'il y en a plusieurs): 

Ville où l'événement s'est produit: