Affaire Villanueva : plainte criminelle privée entendue

Insatisfaits de la décision du DPCP de ne pas déposer d’accusations criminelles contre l’agent Jean-Loup Lapointe, un organisme espère convaincre un juge d’accorder le dépôt d’une plainte criminelle privée dans l’affaire Villanueva.
Six ans après la mort de Fredy Villanueva, abattu par un policier à Montréal-Nord, la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP) veut toujours que le policier Lapointe soit accusé d’homicide.
Il y a quelques années, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait annoncé qu’aucune accusation ne serait portée contre le policier. Insatisfaite de cette décision, la CRAP a donc déposé une plainte criminelle privée.
«[Ce genre de plaintes] est très peu fréquent», explique le porte-parole du DPCP, Me René Verret.
La CRAP espère que l’agent Lapointe sera accusé au criminel du meurtre de Fredy Villanueva, de voies de fait sur son frère Dany, de négligence dans l’usage d’une arme à feu, ainsi que de tentative de meurtre sur deux personnes qui étaient présentes dans le parc le jour fatidique du 9 août 2008.
La première audience s’est déroulée ce vendredi au palais de justice de Montréal, devant le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec. Les débats se sont toutefois tenus à huis clos, comme le veut la procédure.
«J’ai expliqué pourquoi j’ai fait cette demande», a commenté Alexandre Popovic, porte-parole de la CRAP.
L’affaire a duré moins de deux heures, et il devra revenir à la Cour à une date ultérieure pour la suite des procédures.
À la fin du processus, le juge aura à décider si oui ou non l’agent Lapointe devrait être accusé au criminel.
Rappelons que le coroner avait déposé son rapport en décembre dernier dans cette affaire. Il avait critiqué tant le travail du policier et les méthodes de police que celui des frères Villanueva.
Le coroner n’avait pas cru la version de l’agent Lapointe, qui avait dit avoir eu peur d’être désarmé, mais il admet qu’il aurait pu craindre à tort que sa vie et celle de sa collègue, l’agente Stéphanie Pilotte, étaient en danger.
Cette dernière avait agi de façon exemplaire, selon le coroner.
«Si chacune des personnes impliquées avait fait preuve d’autant de pondération que l’agente Pilotte ce soir-là, Fredy ­Villanueva serait encore vivant», pouvait-on lire dans le rapport.
Lors du drame, Fredy Villanueva était intervenu dans l’arrestation de son ­frère, alors que ce dernier et le policier Lapointe se débattaient au sol. Le policier avait fait feu sur Fredy, et deux autres personnes avaient été touchées.

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