Jean-François Nadreau : 1 an de silence

Cette vidéo présente, en version longue, des entrevues réalisées avec Josiane Millette Roger et David Gaudreault pour le long-métrage documentaire DÉRIVES, disponible ici : www.99media.org/derives

Le 16 février 2012 entre 7h45 et 8h00 le matin, Josiane Millette Roger, la conjointe de Jean-François Nadreau, qui sera abattu par un agent du SPVM, appelle le 911.. car Jean-François s’était infligé des blessures au bras. « Jamais personne ne m'a demandé si nous étions en danger, mais nous ne l'étions aucunement. Nous avions extrêmement peur pour lui. Jean-François était allongé dans le cadre de porte de la salle de bain, il saignait beaucoup, et attendait des secours ambulanciers. » Malheureusement ce ne sont pas les ambulanciers qui seront dépêchés les premiers, mais la police, pour assurer la sécurité des lieux. Car Jean-François avait un casier judiciaire pour possession d'un taser, donc une arme prohibée.

Dix minutes plus tard, en entendant des secours arriver, il s'est levé du plancher et est allé voir qui se trouvait à la porte. Alors qu'il fallait évidemment baisser la tension et envoyer les premiers soins, cinq policiers sont entassés dans le couloir de l'entrée. Cinq policiers déjà en position d'attaque. En les voyant agir ainsi, nous ne connaissons pas les pensées exactes de J-F mais nous savons qu'il a pris une arme de collection, une machette, et a avancé en disant: « Partez d'ici »! Puis, il s'est immobilisé à quelques mètres des policiers. C'est là qu'un des cinq policiers l'a abattu d'un coup de feu au thorax.

Le pire pour nous tous, la famille, c'est de savoir qu'il n'allait pas bien, qu'il n'était pas dans son état normal, mais que c'était la première fois qu'il l'exprimait clairement et que jamais nous ne pourrons lui en parler. Qu'il y aurait d'autres façons d'intervenir pour protéger tout le monde, d'autres alternatives que de tirer sur un homme qui tente de se suicider et qui attend les secours. Il est tout à fait possible de parler, de rassurer ou même d'immobiliser la personne en détresse sans lui enlever la vie. Il y a plein d'autres façons de faire. Il ne faut pas que les vies continuent à être détruites; personne ne devrait être victime d'un tel drame, personne ne mérite cela. Surtout pas Jean-François, qui était un jeune homme patient, calme et toujours à l'écoute, plein d'empathie et d'amis. Qui était le père dévoué d'une petite fille de 8 ans et considéré comme le deuxième père (surnommé Pimpon) de sa demi-sœur de 12 ans. La perte de Jean-François Nadreau nous a laissé un grand vide et les souvenirs de sa personne nous inspirent au quotidien.

Les amis et famille de Jean-François Nadreau

Catégories

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Ville où l'événement s'est produit: 

Dossiers: 

Type de document: