La police tue... même des polices!

Quand la négligence de la police tue même des polices! Faut quand-même pas oublier que dans les poursuites policières, les personnes qui perdent la vie sont le plus souvent les personnes poursuivies et des simples passants, et presque jamais des polices. Raison de plus pour limiter cette pratique qui est plus dangereuse que les "crimes" qu'elle prétend arrêter au nom de la "sécurité routière"...

Vitesse et négligence

Stéphane Berthomet - 8 janvier 2014

On a très peu parlé des conclusions du coroner dans son rapport sur la mort de la policière de la SQ Katia Hadouchi.
Une mort dont les circonstances, d’après la famille, ne semblent pas clairement établies par cette enquête.

Une mort dans laquelle la vitesse à laquelle la policière conduisait semble avoir joué un rôle décisif, mais surtout qui semble liée à une pièce défectueuse non remplacée à temps malgré un rappel de la marque GM.

Au delà de la question de l’utilité des rapports du coroner qui semblent souvent poser plus de question qu’ils n’en résolvent, restent les circonstances inadmissibles de ce décès.

Car, ce n’est pas la première fois qu’un tel cas se produit dans un service de police ou un accident intervient par négligence de l’administration, ou bien parce que le véhicule est trop vétuste pour supporter les conditions de conduite imposées par une poursuite policière.

Lors de mes voyages et contacts avec plusieurs corps de police dans différents pays, j’ai plusieurs fois pu constater l’état de vétusté de certains parcs automobiles, mais aussi, trop souvent, le fait que dans la liste des priorités administratives, l’entretien des véhicules tenait plutôt la fin de la liste.

Quand on sait que sur les seize policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions au Québec de 2002 à mai 2013, près de la moitié sont décédés dans des accidents de la route tandis que quatre sont morts par arme à feu, il y a de quoi considérer ce risque comme l’un des principaux pour les policiers, si ce n’est le plus important compte tenu des statistiques.

Au delà de la question, qui ne semble gère discutable de la responsabilité de l’employeur quand un accident survient à cause d’un bris sur un véhicule qui faisait l’objet d’un rappel, celle de la vitesse est toutefois plus délicate.

En effet, la notion d’urgence peut-être interprétée de nombreuses façons suivant des paramètres qui varient d’une situation et d’un individu à l’autre.

Les policiers sont-il suffisamment sensibilisés à ce risque mortel pour eux, mais aussi pour autrui puisque des passants font parfois les frais de ces accidents ?

Les règles à appliquer en cas de poursuite sont-elles assez claires ?

Ne devrait-on pas, comme c’est la consigne dans certains pays, mettre l’accent plus sur le risque immédiat engendré par une poursuite qu’à la recherche d’une arrestation hypothétique ?

Autant de questions qui, j’espère, sont à l’étude aussi bien durant la formation initiale des policiers que dans les structures de chacun des services.

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