Le prochain maire doit abroger P-6, clament les syndicats

C’est au pied de l’hôtel de ville, masqués et déguisés, qu’une centaine de membres de groupes syndicaux, dont celui des enseignants du Québec, ont interpelé les candidats à la mairie pour réclamer l’abolition du règlement P-6.

«On s’invite dans les derniers jours de la campagne pour rappeler aux aspirants maires que P-6 enfreint gravement la liberté d’expression», a déclaré jeudi Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ). Le Barreau du Québec appuie aussi cette position, a-t-elle rappelé.

Le règlement P-6, adopté en mai 2012 alors que la crise étudiante battait son plein, entraîne l’interdiction du port de masques, l’obligation de divulguer l’itinéraire en plus d’une hausse des amendes prévues dans le règlement initial.

«Projet Montréal est le seul parti qui s’est engagé à abroger P-6», a souligné pour sa part Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM). Cette dernière a déploré que le parti de Denis Coderre soit pour le maintien de P-6. Constatant que ce dernier est en avance dans les sondages, Mme Senneville a affirmé que ce «n’est pas une bonne nouvelle», mais que la FNEEQ continuera de manifester son opposition s’il est élu.

100 000
Le CCMM regroupe près plus de 100 000 travailleurs du secteur public et privé, tandis que la FNEEQ compte quelque 33 000 membres, dont ceux de 46 syndicats d'enseignants au cégep.
Les candidats Marcel Côté et Mélanie Joly ont des positions plus nuancées sur P-6, se disant prêts à tolérer le port du masque tout en maintenant l’obligation de divulguer l’itinéraire. «Au moins, ça ouvre la place au dialogue», a commenté Mme Senneville. Sa collègue du CCMM ne partageait visiblement pas le même opinion. «Ils doivent comprendre que la spontanéité est importante, parfois un événement comme un lock-out a lieu et les travailleurs doivent avoir le droit d’aller dans la rue sans demander la permission», a-t-elle fait valoir.

Rappel de la position des candidats

Denis Coderre. En faveur du maintien.
Richard Bergeron. Pour l’abolition complète.
Mélanie Joly. L’itinéraire doit être obligatoire, mais l’interdiction de porter un masque est inutile.
Marcel Côté. Divulguer l’itinéraire doit être obligatoire, les masques festifs peuvent être autorisés, mais pas ceux voués à se cacher le visage pour faire du vandalisme.

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