Le profilage par les policiers dénoncé dans une déclaration de principe

Dans une déclaration de principe commune, quelques organismes communautaires ont de nouveau accusé le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) de profilage et revendiquent notamment que cette pratique soit abolit immédiatement.

© Marie Pier Lécuyer Alexandre Ranger, coordonnateur du CRIO, souhaite recevoir d’autres appuis à cette déclaration de principe.
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L’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) de Gatineau, le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) et la Table ronde des organismes volontaires en éducation populaire de l’Outaouais (TROVEPO) veulent dénoncer de cette manière une pratique qu’ils estiment répandues au sein du corps policier. «Ce n’est pas une affaire de pommes "pourrites", estime David Clément, coordonnateur de l’ADDS. Ce n’est pas une affaire d’un policier ou d’une policière dans une mauvaise journée ou qui agit de manière individuelle. Le profilage est d’ordre systémique, le profilage est organisé, le profilage est promu par les services policiers.»

Cette sortie publique, qui n’est pas la première en ce sens, ne vise pas à entamer des négociations avec le SPVG, explique David Clément. Le but est d’abord et avant tout d’aller chercher des appuis au sein des organismes communautaires et de la population. «L’objectif va être d’aller chercher une plus grande appuie à la déclaration pour avoir une force», ajoute Alexandre Ranger, coordonnateur du CRIO.

Le document préparé au cours des derniers mois dénonce des pratiques de profilage social, racial et politique au sein du SPVG. «En ayant recours aux pratiques de profilage, les forces de l’ordre, dont le SVPG, utilisent de manière abusive la loi à des fins de contrôle social et de gestion des populations ciblées», peut-on y lire.

Les organismes qui se sont regroupés pour écrire la déclaration de principe revendiquent aussi plusieurs points, notamment que cesse immédiatement la pratique du profilage social, politique et racial, même si leurs espoirs en ce sens sont minces. Ils demandent aussi que la Ville de Gatineau reconnaisse l’exercice du profilage et la dénonce publiquement.

Ils revendiquent le respect des droits de toute personne par les policiers, l’abolition de tout règlement visant à restreindre les manifestations pacifiques, la dépénalisation des pratiques de sollicitation dans l’espace public (quête, squeegee et travail du sexe) et l’abolition de tout règlement dont l’application discriminatoire est utilisée dans le cadre de pratique de profilage.

Le profilage social est souvent utilisé contre les personnes itinérantes dans le secteur de Hull, soutient David Clément. Il estime d’ailleurs qu’il s’agit de «nettoyage social». «On essaye tout simplement de les expulser ou de leur faire sentir qu’elles ne sont pas les bienvenues, ajoute-t-il. (…) Bizarrement, et c’est souvent le cas, ce type de nettoyage social vient souvent avec des tours à condo et des nouvelles belles constructions neuves pour des populations mieux nanties.» Rappelons qu’en janvier dernier, l’ADDS Gatineau a dévoilé des données sur l’augmentation des constats d’infraction émis par le SPVG en vertu du règlement sur la paix publique et le bon ordre.

Les trois organisations dénoncent aussi le profilage politique, prenant l’exemple des manifestations lors de la grève étudiante en avril 2012. À Gatineau, plus de 150 personnes avaient été photographiées et fichées, soutient Vincent Greason, coordonnateur de la TROVEPO. «La police a voulu livrer un message. La police a voulu intimider les manifestants. Elle a voulu exercer du contrôle social», précise-t-il. Il se questionne d’ailleurs à savoir où sont rendues ses photographies prises lors des événements.

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