P-6 pas P-6, la contestation persiste

Ce graffiti sur le béton armé de la ville reflète toujours la pensée des militantEs de la CLAC (Convergence des luttes anticapitalistes). Même après plusieurs années d'arrestations de masse en série, les militantEs affichent toujours un défi ostentatoire face aux forces armées du SPVM. Et pour cause ...

Le règlement P-6, modifié à la sauvette par des éluEs affoléEs par les manifestations massives du printemps 2012, aura principalement servi à faire du profilage politique. Appliqué initialement contre l'ASSÉ, le règlement P-6 a par la suite été utilisé pour étouffer dans l'œuf la majorité des manifestations de la CLAC et du COBP (Collectif opposé à la brutalité policière). Et pourtant, une compilation du COBP dénombre pas moins de soixante marches sans itinéraires en 2013-2014 et qui ont été tolérées dans leur ensemble (https://www.cobp.resist.ca/documentation/liste-des-manifestations-avec-o...).

L'une des manifestations réprimées a été la marche de défiance contre P-6 qui a eu lieu le 5 avril 2013, appelée par la CLAC (voir la déclaration publique diffusée à cette occasion en annexe) afin de dénoncer l'utilisation massive de P-6 dans les semaines précédentes (de la source précédente, on note des marches réprimées par P-6 les 5 mars, 12 mars, 15 mars, 19 mars et 22 mars 2013.). Cette marche n'a pas eu plus de chance. EntouréEs dès le point de départ au parc Émilie-Gamelin, les manifestantEs n'ont eu d'autre choix que de suivre l'itinéraire imposé par la police, soit deux tours autour du parc suivi d'un encerclement. Deux petit tours et puis s'en vont, dans les méandres interminables du système d'(in)justice municipal.

Aujourd'hui, vingt mois après la manifestation du 5 avril 2013, la situation n'est pas encore réglée. Après deux pro forma, les manifestantEs ont obtenu une preuve abondamment caviardée par la police et un DVD qui ne fonctionne pas. Hier et avant-hier (les 17 et 18 décembre), une conférence préparatoire a eu lieu, mais les accuséEs ne savent toujours pas quand le procès aura lieu ! Vingt mois et personne n'a pu s'exprimer sur tout le ridicule de l'affaire, de l'encerclement allant jusqu'aux procédures kafkaesques qui l'ont suivi. Deux petits tours et puis un ticket de 637$ ...

Le règlement P-6 est présentement attaqué de toutes parts : plusieurs articles de ce règlement sont contestés constitutionnellement, des procureurEs ont laissé tomber les accusations de plusieurs arrestations de masse, et de toute manière, la majorité des manifestations à Montréal le défient ouvertement ... Éventuellement, le règlement P-6 sera effacé des livres de la ville. Cependant, « P-6 pas P-6, la contestation persiste ». Le règlement P-6 n'est pas le seul pouvant servir à étouffer un mouvement populaire. L'État capitaliste, désespéré dans le maintien de son statu quo, possède beaucoup d'autres armes dans sa manche. Le règlement 500.1 du Code de la sécurité routière est toujours en vigueur et est encore utilisé par le SPVM (http://www.lapointelibertaire.org/?p=282). La ville de Québec possède le règlement sur la « paix et le bon ordre » (règlement 1091, articles 19.2 à 19.5 voir http://reglements.ville.quebec.qc.ca/fr/showdoc/cr/R.V.Q.1091/) et la ville de Saguenay en a un autre du même nom (règlement VS-R-2007-49 voir http://ville.saguenay.ca/fr/media/view/publications/40954_paix-et-au-bon...). La contestation va persister tant que toutes ces lois et règlements du même acabit vont exister, parce que la vraie démocratie, celle qui fait peur aux aristocrates du capital, c'est celle qui se vit et qui s'exerce dans la rue !

Catégories

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Ville où l'événement s'est produit: 

Dossiers: 

Type de document: