Règlement anti-masques : Après près de 1000 arrestations depuis le début de la grève, le Maire Tremblay en veut plus

Ce soir, la ville de Montréal s’apprête à aller de l’avant avec l’adoption d’un règlement municipal qui restreint le droit de manifester. En effet, le règlement permettrait aux policiers de déclarer une manifestation illégale parce que le trajet ne leur aurait pas été fourni. De plus, il serait interdit «à quiconque participe à un attroupement sur le domaine public d'avoir le visage couvert sans motif raisonnable, notamment par un foulard, une cagoule ou un masque».

En 2009, la ville de Montréal a tenté d’adopter un tel règlement. Hors, le comité exécutif avait du reculer puisqu’il avait été démontré qu’un tel règlement brimerait les libertés individuelles prévues dans la Charte. Le nouveau règlement proposé va encore plus loin, en obligeant les organisateurs et organisatrice à fournir le trajet de la manifestation.

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) ne manque certainement pas d’outils afin de réprimer les manifestations. Juste depuis le début de la grève étudiante, le SPVM a procédé à l’arrestation de près de 1000 personnes. Depuis 1997, les services de police ont procédé à plus de 4000 arrestations dans le cadre de manifestations à caractère politique. D’ailleurs, en 2005, le Comité contre la torture et le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU avaient déclaré s’inquiéter que la police, principalement à Montréal, pratiquaient des arrestations massives. Mais pour le Maire Tremblay et le SPVM ce n’est pas assez.

Le projet de règlement vise à rendre plus coercitif le fameux Règlement P-6, Règlement sur la prévention des troubles de la paix, de la sécurité et de l’ordre publics, et sur l’utilisation du domaine public, dit règlement anti-manif. Le règlement P-6 donne déjà une grande marge de manœuvre aux policiers. L’application du Règlement P-6 a souvent été l’occasion d’abus par les policiers. Par exemple, lors de la manifestation devant le Palais des Congrès le deuxième jour du Salon Plan Nord : 89 personnes ont alors été encerclées puis arrêtées pour aucune raison. Depuis 2004, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées en vertu du P-6. Ce règlement permet même à l’exécutif de la ville d’interdire toute manifestation pour une durée indéterminée. On est donc en droit de se demander qu’est-ce qu’il faut de plus au Maire Tremblay et au SPVM?

Dans un contexte ou la répression politique est toujours plus forte, la mise sur pied de l’escouade GAMMA l’été dernier en est un exemple criant, nous ne pouvons accepter une nouvelle mesure contraignant nos droits et la liberté d’expression. Personne n’est obligée de fournir sont identité sauf si elle est en état d’arrestation. Les raisons de se masquer lors d’une manifestation sont nombreuses et ne sont pas automatiquement liées à la volonté de commettre des actes criminels.

Les services de police et de renseignements, comme le SCRS, procèdent déjà au fichage des manifestantes et des manifestants. Les policiers peuvent procéder à l’arrestation d’une personne s’ils peuvent démontrer qu’elle se trouvait sur les lieux d’une manifestation déclarée illégale, peu importe les actes qu’elle a posé ou non. Raison de plus pour cacher son identité.

Concernant l’obligation d’informer les policiers de l’itinéraire d’une manifestation, vu les abus commis et les arrestations de masse, on a raison de ne pas faire confiance au SPVM, surtout quand on manifeste contre le capitalisme ou leur brutalité!

Le Maire Tremblay veut préserver l’image de marque de la ville de Montréal. Il s’inquiète que les nombreuses manifestations ayant lieu dans la ville ne nuisent à la réputation de la métropole. Hors, ce qui nuit à l’image de la ville, c’est un service de police critiqué par l’ONU, et une administration qui adopte des règlements qui porte atteinte aux libertés civiles.

Nous nous opposons à toutes mesures qui contribuent à la criminalisation de la dissidence politique.

Nous nous opposons à toute forme de profilage, qu’il soit racial, social ou politique.

Ce n’est pas en adoptant des règlements plus répressifs qu’ils mettront fin à la casse. Tant qu’il y aura des injustices sociales, aucune police ni aucun règlement ne pourra arrêter la résistance populaire!

Pour plus d'information: 514-395-9691

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