Sherbrooke: la plaignante n'a plus que de vagues souvenirs de ce qu'il s'est passé

SHERBROOKE – Bianca Desnoyers, arrêtée de manière musclée par trois policiers de Sherbrooke en août 2010, n’a plus que de vagues souvenirs de ce qu’il s’est passé ce soir-là, a-t-elle indiqué mardi lors de son témoignage dans le cadre de la comparution des trois agents devant le comité de déontologie policière.

Mme Desnoyers, aujourd’hui âgée de 32 ans, aurait voulu se mêler de l'arrestation d'un homme qu'elle connaissait et avait été arrêtée à son tour pour entrave et voies de fait sur des policiers.

«Dans les jours qui ont suivi, j'ai eu comme des souvenirs éclair, a-t-elle raconté. Je me souvenais avoir eu peur, mal aux poignets et aux chevilles. Au moment de retirer la ceinture de mon pantalon, je crois avoir entendu quelqu'un crier : “Crisse elle se débat!”»

On reproche à Mathieu Grenier, Luc Boivin et Simon Dubé d'avoir fait usage d'une force exagérée lors de l'arrestation de la plaignante et de ne pas avoir respecté ses droits en la confinant dans une cellule d'isolement à moitié nue. Ils étaient intervenus dans le stationnement du bar Le Mondial en milieu de nuit en raison d’une dispute.

La vidéo de surveillance du bloc cellulaire montre des policiers transportant la femme, poings et pieds menottés, en la tenant allongée, sans qu'elle ne touche terre.

Bianca Desnoyers gisait dans une cellule d'isolement, face contre le sol. Quatre agents, trois hommes et une femme, lui ont ensuite retiré son pantalon en utilisant une certaine force et l’ont laissée seule pendant une dizaine de minutes, vêtue uniquement de sa camisole.

Acquittée des accusations d'entrave et de voies de fait sur des policiers, la plaignante dit avoir été humiliée par les agissements des policiers et considère qu'ils ont utilisé une force exagérée.

Les audiences se déroulent sur cinq jours. Les trois agents n'ont pas encore témoigné. Au moment où l'histoire et les images avaient été rendues publiques, la direction du Service de police de la Ville de Sherbrooke (SPS) avait défendu ses policiers en indiquant qu'ils avaient agi comme l’exigeaient les procédures quand une personne détenue est hystérique, intoxiquée et agitée comme Bianca Desnoyers l'était. C'était une question de sécurité pour sa propre personne et celle des autres agents selon le SPS.

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