Une contravention en cadeau

Daniel Chartier croyait aller chercher un peu de réconfort et de chaleur aux Bergers de l'Espoir pour le traditionnel souper du temps des Fêtes offert par l'organisme de bienfaisance. Mais le premier service a été dur à digérer: l'itinérant d'Ottawa a écopé d'une contravention la veille de Noël, alors qu'il traversait la rue pour aller prendre le repas communautaire du réveillon.

La police d'Ottawa lui a remis un constat d'infraction de 25$ à M. Chartier pour avoir traversé la rue à un endroit inapproprié.

«Pour moi, 25$ c'est beaucoup. Mais je ne peux rien faire», dit-il.

Résigné à accepter sa contravention, M. Chartier soupçonne le service de police de la Ville d'Ottawa de faire du profilage social. «Le policier m'a dit: ''Oui, oui, je sais que je suis un sale, mais je vais quand même te donner un ticket.'' Ça arrive régulièrement. On dirait que les policiers d'Ottawa essaient de nous abaisser. Ils harcèlent les itinérants», lance-t-il.

L'angle de l'avenue King Edward et de la rue Murray, où se trouve le refuge Les Bergers de l'Espoir, fait l'objet d'une constante surveillance policière.

Un autre genre d'itinérance

M. Chartier n'a rien de l'itinérant stéréotype. Il a un job, une copine et tente présentement de sortir la tête de l'eau.

«Je ne fais rien de mal. Je ne bois pas, je ne fume pas. J'essaie seulement de m'en sortir. Quand je finis de travailler, je vais à la cuisine pour souper et je traverse me coucher aux Bergers de l'Espoir», lance Daniel Chartier.

Jusqu'à récemment, Daniel Chartier habitait dans un appartement, mais avec son salaire de moins de 1200$ par mois, il devenait impossible pour lui de joindre les deux bouts. Il a donc décidé de retourner à la rue et de tendre la main aux Bergers de l'Espoir d'Ottawa.

«Quand tu es ici, c'est que tu es au fond du baril. J'ai un travail. Mais je ne gagne pas assez pour pouvoir m'acheter des choses. C'est pour cela que j'ai décidé de retourner vivre ici (aux Bergers de l'Espoir). Comme ça, je peux vivre un peu», confie Daniel Chartier.

Près de 300 participants

Près de 300 itinérants d'Ottawa ont fait comme Daniel Chartier et se sont réunis pour prendre le traditionnel repas du réveillon servi par les Bergers de l'Espoir le 24 décembre au soir.

L'ambiance était chaleureuse dans la modeste cafétéria de la rue Murray.

Certains chantaient, d'autres jouaient de la guitare et du piano.

«On se fait des amis ici. On devient comme une famille. Je suis content. Il y a eu beaucoup plus de monde à la messe (organisée par les Bergers de l'Espoir) que je le pensais», lance Luc, un bénéficiaire des Bergers de l'Espoir.

Alors que les gens arrivent, toute une équipe de bénévoles s'affairait derrière les fours.

Des bénévoles chaleureux

Débordée, les mains complètement remplies d'assiettes, Bryanne Asbcth commente: La jeune femme n'a que 18 ans, mais elle veut faire sa marque.

«J'ai toujours voulu aider les gens. Je ne me sens pas obligée, mais j'aime aider les gens et je ne veux rien en retour. C'est une satisfaction personnelle», a déclaré la jeune dame.

Une dizaine de bénévoles étaient sur place, en cette veille de Noël.

«Je crois en un monde meilleur. Je crois que c'est important pour moi de m'impliquer. Il faut jongler entre empathie et sympathie, mais il y a des liens qui se créer avec ces gens. J'ai l'impression de faire ma part. C'est un bon sentiment», a déclaré David Davison, un bénévole aux Bergers de l'Espoir. Daniel Gordnes, le gérant adjoint aux Bergers de l'Espoir, constate pour sa part une hausse de la demande.

«Nous servons de plus en plus de personnes d'année en année. Mais cette année, les clients chantaient. C'était bien. J'aime m'impliquer», a-t-il partagé.

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