COVID: le Québec grand champion des amendes liées à la pandémie

Au Canada, le Québec est, de très loin, le champion des amendes remises pour non-respect de l'espacement social, indique une étude publiée mercredi par l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC).

Selon les calculs de l'organisation, plus de 10 000 constats d'infraction totalisant 13 millions de dollars en amendes ont été décernés d'un océan à l'autre du 1er avril au 15 juin.

Les citoyens des différentes provinces sont cependant bien inégaux concernant l'application des règlements liés à la COVID-19.

À eux seuls, les Québécois ont reçu quelque 6600 constats d'infraction totalisant 77% de la somme collectée en amendes par les forces de l'ordre. La part du Québec est particulièrement importante en raison du montant des amendes, qui peuvent atteindre quelque 1500$ incluant les frais, contre 880$ en Ontario.

La province la plus populeuse du pays arrive d'ailleurs au second rang, avec 2853 constats totalisant 18% de la somme collectée, suivie par la Nouvelle-Écosse (555 constats, 3% de la somme). Ces trois provinces cumulent, à elles seules, 98% de la somme amassée au pays grâce aux constats d'infraction.

L'organisation, critique de certaines des mesures de confinement mises en place pour limiter la propagation de la pandémie, juge sévèrement, dans son étude, le travail des autorités, dénonçant des règlements «vagues et confus».

L'ACLC estime aussi, témoignages de citoyens à l'appui, que des policiers se sont comportés de façon abusive en décernant des constats d'infraction qui n'avaient pas lieu d'être.

Dans le cas du Québec, l'ACLC s'est notamment inquiétée en apprenant, par des organismes communautaires, que des itinérants auraient reçu plusieurs constats d'infraction.

«Plusieurs personnes ayant contacté l'ACLC, et qui se décrivent comme racisées, ont senti qu'elles ont été ciblées par la police en raison de leur race», a aussi dénoncé l'organisation.

L'ACLC a appelé les gouvernements provinciaux à «résister à la tentation» de faire respecter les règlements en donnant «carte blanche» aux policiers. «Recourir à la police pour se sortir de cette pandémie manque d'imagination, est inefficace et est parfois inconstitutionnel», a plaidé l'organisme.

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