Laissé dehors à -20 degrés Celsius: les policiers n'ont pas fait preuve de négligence criminelle

Des policiers qui ont laissé un sans-abri sur la terrasse d'un restaurant à Montréal alors qu'il faisait -20 degrés Celsius n'ont pas fait preuve de négligence criminelle.

C'est ce qu'a indiqué le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) après avoir pris connaissance du rapport du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) relativement au dossier de cet homme qui a gardé de lourdes séquelles au cerveau, au foie, au cœur et aux parois gastriques, avant de mourir quelques mois plus tard.

«Vu l'absence de preuve sur la condition de l'homme au moment de l'intervention des policiers impliqués, le court délai entre les deux interventions, et l'état d'hypothermie profonde dont souffrait l'homme lors de son arrivée à l'hôpital, il n'est pas possible de conclure hors de tout doute raisonnable que les blessures subies auraient pu être évitées ou amoindries si les policiers impliqués avaient décidé d'agir», a-t-on souligné.

Le 14 novembre 2018, la victime est couchée sur la terrasse d'un restaurant alors qu'un froid sibérien touche la métropole. C'est un client qui signale sa présence et on ignore depuis combien de temps il est étendu là. Un appel est fait au 911 vers 10 h 48 après qu'on eut tenté de le réveiller sans succès. Vers 11 h, des policiers débarquent sur place et décident de ne pas forcer l'homme à quitter les lieux, selon le récit fait mercredi dans un communiqué du DPCP.

«Ils expliquent à la personne qui a [fait] l'appel au 911 que l'homme est en état d'ébriété, qu'il ne peut pas se lever par lui-même et qu'ils ne l'expulseront pas. Ils lui disent de les rappeler plus tard s'il est toujours là, et ils quittent les lieux», relate-t-on.

Un autre appel à la police est fait vers 11 h 45 à la suite de l'arrivée du propriétaire du restaurant. Des policiers et des ambulanciers arrivent. Ces derniers constatant que l'homme n'a plus de pouls et entreprennent des manœuvres de réanimation.

«Lors de son arrivée à l'hôpital, il est toujours inconscient, en arrêt cardio-respiratoire, et il souffre d'hypothermie profonde. Sa température corporelle est alors de 22°C», indique le DPCP.

Il reprend ensuite connaissance, mais garde de lourdes séquelles et meurt quelques mois plus tard.

«Le procureur a informé les proches de la personne blessée des motifs de la décision puisque cette dernière est décédée quelques mois après l'événement», a-t-on fait savoir.

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