Acquitté d'avoir eu une arme en raison du travail d'un policier

Un Montréalais qui s'était fait prendre avec un revolver chargé dans ses pantalons s'en est sorti parce que la juge a estimé que le policier qui lui a couru après a mal fait son travail... entre autres en ne lui expliquant pas pourquoi il voulait lui parler.

« Durant la course à pied [le policier] réussit à dire : "Arrête-toi" à deux reprises sans lui mentionner la raison. L'agent admet qu'il aurait pu dire "Arrête-toi, je veux te parler concernant la bagarre". Il ne l'a pas fait », a noté la juge Flavia Longo la semaine dernière au palais de justice de Montréal.

Cette décision, concernant l'accusé Shawn Legoute, 22 ans, est un exemple démontrant toute la difficulté des policiers lorsqu'ils interviennent pour résoudre un crime. Un simple oubli ou la moindre erreur peut être utilisé par un accusé afin de s'en sortir.

Bagarre

Dans le cas de Legoute, son arrestation remonte à juin 2019, au centre-ville de Montréal. Ce jour-là, les policiers avaient reçu un appel concernant une bagarre entre « deux groupes d'individus noirs ».

Afin de vérifier l'implication de ce groupe, les policiers sont allés dans leur direction quand Legoute, qui en faisait partie, a décidé de quitter les lieux. Un des agents a demandé à Legoute de rester, mais ce dernier n'a pas obtempéré, accélérant le pas jusqu'à se mettre à courir avant de se faire immobiliser.

« Pour assurer la sécurité de tous, [un agent] soulève l'élastique du sous-vêtement qui a une allure moulante et serrée [...], ce qui permet de confirmer la présence d'une arme à feu par-dessus les parties génitales [de Legoute] », note la juge.

Or, même si l'arme de Legoute n'avait pas de permis pour le revolver dont le numéro de série avait été limé, l'accusé n'a plus à s'en soucier, puisque la juge a exclu la preuve contre lui parce que les policiers n'avaient pas assez de motifs pour l'arrêter, selon la juge.

« De l'avis du tribunal [...] l'agent n'a que des soupçons que [Legoute] se livre à une activité criminelle », a tranché la juge.

Elle a ensuite souligné qu'après l'arrestation, le policier ne lui a pas donné la raison de l'arrestation, et que Legoute a trop attendu avant de pouvoir appeler un avocat. La preuve exclue, Legoute a été libéré des accusations contre lui.

Mais il ne semble pas avoir appris de cet incident puisqu'en février dernier, il a été arrêté pour possession prohibée d'arme à feu. Il reviendra bientôt à la cour dans cette plus récente affaire.

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