Il est temps d’honorer la mémoire de Fredy Villanueva

Je suis heureux que la mairesse de Montréal Valérie Plante se soit clairement prononcée en faveur d’honorer la mémoire de Fredy Villanueva lors du plus récent conseil municipal.

Ça fait longtemps que les activistes qui soutiennent la famille Villanueva dans sa lutte pour la vérité et la justice attendaient un développement positif dans ce dossier. Après tout, ça fait maintenant deux ans que l’arrondissement de Montréal-Nord a lancé son idée de murale du centenaire, et ce, à l’endroit même où Fredy Villanueva est tombé sous les balles de l’agent Jean-Loup Lapointe du SPVM, le 9 août 2008.

Le rapport du groupe de travail mis sur pied par l’arrondissement pour étudier la question est prêt depuis au moins six mois, mais l’arrondissement refuse de le rendre public tant que les élus de Montréal-Nord n’auront pas pris position dans ce dossier. Or, on attend toujours que la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, se décide à décider quelque chose…

La déclaration de la mairesse Plante plus tôt cette semaine est donc plus que bienvenue : il est temps que ça bouge dans ce dossier, et surtout que ça bouge dans le bon sens.

On ne pourra s’étonner que les milieux policiers aient mal réagi. La Fraternité des policiers et policières de Montréal a dénoncé ce qu’elle a appelé le message « étrange et ambigu » de la mairesse Plante.

Cette même Fraternité qui avait eu le culot d’adopter une résolution, le 19 août 2008, pour blâmer la présence d’un membre de la direction du SPVM aux funérailles de Fredy Villanueva devrait se garder une petite gêne.

S’il « n’y a pratiquement aucune trace dans l’espace public montréalais des 71 policiers et policières morts en service à Montréal au fil des ans », comme l’a déploré Yves Francoeur, la Fraternité n’a qu’à se blâmer elle-même de ne pas avoir fait entendre davantage sa voix pour qu’une telle chose devienne réalité.

« AUCUN BLÂME », VRAIMENT ?

La Fraternité aime aussi répéter que « aucun blâme n’a jamais été jeté sur le policier et la policière impliqués dans l’intervention ». Comment pourrait-il en être autrement ? Après tout, la Sûreté du Québec, qui a été appelée à enquêter sur l’intervention policière du 9 août 2008, a été biaisée dès le départ en faveur du SPVM, comme nous l’a révélé l’enquête publique du coroner sur les causes et les circonstances de la mort de Fredy Villanueva.

La poursuite civile de la famille Villanueva à l’égard des policiers impliqués et de leur employeur, la Ville de Montréal, a été rejetée parce que l’avocat des plaignants, Peter Georges-Louis, a fait preuve de « négligence grossière » dans ce dossier, pour reprendre l’expression du juge William Fraiberg de la Cour supérieure du Québec.

Et la plainte criminelle privée que j’ai déposée à l’endroit de l’agent Lapointe a été rejetée parce que le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec a conclu que j’aurais dû faire entendre des témoins au lieu de déposer les transcriptions des témoignages entendus à l’enquête publique du coroner.

Donc, s’il n’y a eu « aucun blâme », comme le dit la Fraternité, ce n’est pas parce qu’un tribunal a jugé que l’agent Lapointe avait agi légalement lorsqu’il a fait feu sur trois jeunes qui n’avaient aucune arme dans les mains.

S’il n’y a eu « aucun blâme », c’est parce qu’il n’y a jamais eu de procès, seulement une très longue enquête publique, laquelle n’était pas un procès puisque la Loi sur la recherche des causes et circonstances interdit au coroner de se prononcer sur la responsabilité civile ou criminelle de quiconque.

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