Pour avoir traversé à pied sur un feu rouge

(Témoignage pris de l'article suivant : http://tvanouvelles.ca/lcn/montopo/photo/archives/2011/08/20110801-18404...)

Marie Brais, une Longueuilloise de 57 ans qui habite tout près de l'entrée du pont Jacques-Cartier, se dirigeait peu avant 22h vers l'infrastructure afin de profiter de la dernière fin de semaine de l'événement.

«J'étais bien habillée pour l'occasion, j'écoutais la musique des Beatles, et je me dirigeais d'un bon pas vers le pont. C'est alors que j'ai remarqué qu'un policier me faisait signe.», a raconté Mme Brais, qui a affirmé croire, à cet instant, que l'agent lui demandait de porter une attention particulière à la signalisation, car elle avait traversé la rue Saint-Laurent au feu rouge, à l'intersection de la rue Sainte-Hélène.

«Je ne l'entendais pas vraiment à cause de la musique, mais le policier a continué à m'interpeller», a poursuivi la dame. C'est alors que ce dernier l'aurait rattrapée et lui aurait demandé de présenter ses pièces d'identité afin de lui remettre une contravention.

«Je n'ai pas mes papiers d'identité avec moi, car j'habite près du pont», lui aurait-elle répondu, en précisant son nom, avant de poursuivre sa route à l'issue d'une vive discussion avec le policier.

C'est alors que s'en serait suivie une arrestation musclée. «Il est arrivé dans mon dos, m'a prise par en arrière et a essayé de me tirer vers sa voiture», a relaté Mme Brais. Un deuxième policier serait alors venu en renfort, et l'altercation au sol aurait duré environ cinq minutes, selon la présumée victime.

«Je n'arrêtais pas de crier : ‘Lâchez-moi, lâchez-moi' pendant qu'ils me menottaient.» Elle aurait par la suite été conduite à l'auto-patrouille des policiers, où elle serait restée menottée pendant toute la durée des feux d'artifice, soit pendant une trentaine de minutes.

La dame a confié avoir reconnu son tort, mais a dénoncé la «violence» qu'auraient déployée les policiers. «Je me suis sentie agressée. Ils m'ont traitée comme une moins que rien.»

Des témoins «sous le choc»

Samedi soir, Marie-Ève Perrault et son époux, Karles Renaud, se rendaient également sur le pont Jacques-Cartier pour assister à la présentation des feux d'artifice. Le couple, qui était accompagné de ses quatre enfants en bas âge, dit avoir assisté, impuissant, à toute la scène.

«Les policiers nous ont demandé de circuler, parce qu'une intervention policière était en cours», a indiqué Mme Perrault, qui a envoyé plusieurs photos témoignant des blessures de Mme Brais à Mon Topo afin de dénoncer ce présumé cas de brutalité policière.

«La dame, qui a été propulsée sur l'asphalte par les policiers, s'en tire avec une méga-ecchymose au visage, les lunettes brisées, une dent cassée et les bras portant de multiples blessures», a fustigé la mère de famille.

Cette dernière a également raconté que son conjoint et elle ont assisté au spectacle de feux d'artifice contre leur gré, secoués par ce qui venait de se dérouler devant leurs yeux. Cette émotion était toujours bien vive lundi.

«Je suis encore sous le choc. Mon mari, mes filles et moi avons été témoins, samedi soir, de brutalité extrême faite par des policiers de Longueuil sur une dame dans la cinquantaine qui, selon eux, résistait à son arrestation pour avoir traversé à pied sur un feu rouge», a relaté Mme Perrault.

Ambulanciers

La présumée victime a indiqué que les policiers ont fait appel à une ambulance à l'issue de l'intervention afin qu'elle soit conduite à l'urgence pour soigner ses blessures, ce qu'elle a refusé. Elle gardait espoir de revoir des témoins des événements, a-t-elle dit.

Patrick Jasmin, relationniste pour la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) a d'ailleurs confirmé «qu'une dame avait refusé un transport en ambulance à l'heure et au lieu indiqués», refusant de donner plus de détails.

«Quand on a terminé de voir les feux, on est redescendu du pont à la recherche de la dame. On l'a retrouvée et l'avons raccompagnée chez elle», a expliqué Mme Brault. Les photos témoignant de ses blessures ont été captées à son domicile.

Enquête

Interrogée au sujet de cet incident, la police de Longueuil a confirmé qu'un événement impliquant une femme et des policiers avait bel et bien eu lieu samedi soir à l'intersection des rues Saint-Laurent et Sainte-Hélène.

«On veut savoir ce qui s'est passé. Une enquête a été ouverte aujourd'hui», a indiqué l'agent Karl Bérubé, responsable de l'unité des Affaires publiques, en fin d'après-midi. Mme Perrault et son époux ont d'ailleurs confirmé qu'un enquêteur les avait contactés afin d'obtenir leur version des faits.

(Crédit photo: Marie-Ève Perrault, Lavaltrie, via Mon Topo)

Dossiers: 

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