Témoignage

19 Juin 2013

Manif du 15 mars

Arrestation manifestation contre la brutalitée policiere
15 mars 2013

Charles-Antoine Guay

Place des spectacle, Montréal.

Alors voila je suis un gars ordinaire plutot petit. Skinny jeans, un manteau assez épais et une tuque de laine. Direction metro place des arts pour participer a la manifestation de la journée internationale contre la brutalitée policière. On compte deux ou trois helicopteres policier qui survolent la ville, notant les differents rassemblements de manifestants. Des le début, sa s'annonce mal pour nous..

Les policiers sont en surnombre, peu etre 1 flic pour chaque 1,5 manifestant. L'air est lourd de gaz lacrymogenes qui irritent nos yeux et voies respiratoires et des grenades (assourdissante) explosent un peu partout, certaines a nos pieds (une grenade assourdissante peu etre dangereuse si elle explose trop pres de la foule). Malgré cela, nous marchons sur St-Catherine en scandant nos slogans. Po-olice politique, S-SPVM! No justice No peace, Fuck the police! A qui la rue?! A nous la rue!!! Derrière nous un contingent de policier en armure nous suivent de tres proche, frappant matraques contre boucliers, ils nous chargent. Et tres souvent!

Environ 10-15 minutes apres le départ de la manifestation, a l'intersection (rue et rue), des policiers, a pied et en vélo chargent a coups de matraques le coté du groupe, le séparant en deux et emprisonant les 30-40% qui formaient l'arriere de la manifestation dans une souriciere. On peu rien faire pour eux, ils vont être arretés et retenus jpréventivement jusqu'a la fin de la manif.

Nous sommes maintenant séparés en quelques petits groupes qui marchent sporadiquement dans les petites rues proche de la station berri, se cherchant les uns les autres. Il faut se regrouper! Ils l'ont eu beaucoup trop facile cette fois ci.. L'une des fille est au telephone avec un ami qui est avec le rassemblement principal restant. Elle crie: Direction coin (rue et rue)! C'est a quelque pas et nous nous rendons en quelques minutes seulement, suivi par une vingtaine de policiers a vélo tout ce temps.

Maintenant sa commence à chaufer, des briques sont lancés contre les voitures de police. On peu sentir la frustration de la foule et la tension est à son comble.
Du gaz (lacrymogene) est lancé, des policiers a cheval chargent et une femme flic asperge de poivre de cayene un groupe de manifestant qui se sont assis pacifiquement sur la chaussée en se tenant les coudes. On voit bien les troupes anti-émeute s'organiser pour nous encercler. Time to go! Je commence a courir vers le nord et un flic réussi a m'assener un grand coup de matraque dans le millieux du dos. J'en évite un autre qui tente de m'attraper et je part a courir, tourne un coin et entre dans un McDonald en me mêlant a la foule. C'est passé tres proche!

Je ressort après quelques minutes pour constater qu'un autre groupe de manifestant, une trentaine, c'est fait prendre en souriciere. Les médias de masses filment. Pas les arrestations brutales en cours, non! Mais bien les quelques pare-brises fracasses. Un autres exemple de la corruption dans les médias de masse.

Plus loin, un petit groupe de jeunes de 4 ou 5 personnes marche sur le trottoir avec des drapeaux sur l'epaule. Ils sont pacifiques et ils se dirrigent vers le metro pour rentrer chez eux. En tournant le coin, ils tombent sur des policiers en armure, qui se ruent sur eux a coup de mattraques et de poivre de cayenne. L'un des jeunes est jeté a plat ventre par 6 ou 7 policiers et son bras est horriblement tordu, une autre est plaquée au mur par trois hommes et les autres on réussi a s'enfuir. Je sort mon téléphone et commence a filmer, le gars a terre hurle de douleur et appelle a l'aide. Il dit qu'ils vont lui briser le bras, qu'il a de la difficulté a respirer et que le genou appuyé sur son cou exerce beaucoup trop de pression. Aucune réaction des flics, qui font le sale boulot du gouvernement comme un troupeau de brebis ou bien une armée de robots sans coeur.

Pendant que ses collègues relèvent le pauvre gars sans ménagement en le tirant violemment par terre, trois policiers nous chargent à coup de matraques en criant "recule"! Je suis poussé sans ménagement, comme le photographe a coté de moi qui tombe par terre avec tout son équipement. En l'aidant a se relever, je crache sur le sol, tant de dépit que de mépris. Mauvaise idée! L'un des flics se rue sur moi et je l'évite de près en partant a courir dans l'autre direction. Je suis plutôt rapide et je réussi a le semer sans trop de mal. Mais en traversant la rue, je vois une voiture de police qui rebrousse chemin sirène et lumières allumées. Je tourne a gauche, toujours en sprintant et une camionnette passe sur ma droite. Elle freine brusquement environ 20 mètres devant moi et trois flics en sortent. J'en évite un de justesse et un autre réussi a poser sa main sur moi, mais pas a m'attraper. Le dernier me plaque violemment et je me retrouve au sol avec trois policier sur moi, mon poignet est tordu d'une façon bizarre, un genou est appuyé sur le milieux de mon dos et j'ai de la misère a respirer. J'essaye de résister mais un des flics me met un genou dans les parties. On me passe des menottes de plastique atrocement serrée et on me traine vers le trottoir.

Fouille générale: toutes mes poches sont retournées, on me touche partout, paquet et derriere inclus, et pas doucement! Mes effets sont jetés sans ménagement dans l'eau.

Apres la fouille, je passe une bonne vingtaine de minutes dans le froid, sans manteau. J'entend le conducteur de la camionnette se faire féliciter comme après une bonne partie de chasse. Il m'aurais vu courir et aurais décidé de procéder a mon arrestation, même s'il n'avais aucune idée de la raison de ma course. Un supérieur arrive, et ils délibèrent, finalement ils décident de me garder sous prétexte que je suis dangereux et imprévisible, ce sont les exact mots qu'il a utilisé.

Une fourgonnette arrive et deux policiers en sortent pour m'amener je ne sais ou. Il me prennent par les bras et me poussent violemment dans le fond du banc arrière. J'entend le supérieur dire: "Faut pas que le petit criss puisse bouger", le policier qui m'a trainé dans la fourgonnette acquiesce et pousse brusquement mon visage sur la vitre en mettant une main autour de mon cou. Je suis dans une position plutôt inconfortable, mon visage est contre la vitre, une main m'étrangle, j'ai de la difficulté à respirer, les bandes de plastique rigides qui enserrent mes poignet m'entaillent la peau et mon dos forme un angle bizarre. Je demande au policier qui me maltraite son matricule, un droit que toute personne a, mais il me répond en poussant ma tête encore plus fort sur la vitre.

Je fais tout le trajet comme sa, une dizaine de minutes. On me tire hors de la voiture. Nous nous trouvons maintenant à l'intersection berri/st-cath je crois, un groupe de manifestant est pris en souricière, la police les arrêtant un a un. Des autobus de la stm remplis de détenus sont sur place, j'en compte 4. Les trois premiers sont plein alors on me fais monter dans le quatrième. On prend mon nom et ma carte d'identité et on m'enlève les menottes, qui sont beaucoup trop serrés. Mes poignets sont lézardés de profondes entailles et mes main sont toutes gonflées.

Quand l'autobus démarre, les policiers refusent de nous dire notre destinations. Un slogan venant de l'arrière retenti: No justice, no peace! Fuck the police! Tout le monde répond en coeur.

Dossiers: 

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Ville où l'événement s'est produit: