Témoignages d'abus policiers

Vous avez été victime d’un abus policier ?

Dénoncez-le ! Publiez votre témoignage

La police montée sur ses grands chevaux

J’étais là, hier soir, à la manifestation contre la brutalité policière. Aujourd’hui, j’entends le chef du Service de police de la ville de Montréal qui parle à toutes les heures aux nouvelles à la radio. J’ai l’impression que nous ne sommes pas allés à la même manifestation…..
Place Émilie-Gamelin, 17 heures, beaucoup de gens, des jeunes en grande majorité, qui portent le carré rouge symbolisant la lutte des étudiants. Cinq milles personnes disait la police hier soir, ça me paraît vraisemblable ; aujourd’hui, la police se rétracte et parle de deux milles personnes seulement. Combien de « casseurs » dans cette manifestation ? Moi je n’en ai vu aucun ; pas eu le temps… Je marche, avec mon amie Claude, à la fin du cortège. Autour de nous, un groupe de jeunes qui font de la musique, accordéon, clarinette, très sympathique. Tout à coup, derrière nous, dans la côte avant d ‘arriver à la rue Sherbrooke, la police arrive en nombre et en force. Un groupe monté sur ses grands chevaux, au sens propre, d’autres groupes armés de matraques, avec des boucliers, au pas de course, saccadé, bruyant. La terreur ! Ôtez-vous de là ! Ces policiers disparaissent rapidement de notre vue ; ils remontent de chaque côté du cortège qui tourne sur Sherbrooke vers l’ouest. Les autobus et autres véhicules qui avaient amené cette armée se mettent à pousser dans le dos des manifestants qui sont encore dans la côte. Impossible de rester dans la rue. Nous nous replions sur le trottoir. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose de grave à l’avant ou au milieu du cortège pour justifier une telle intervention? Impossible à savoir. Quand nous arrivons enfin sur Sherbrooke, l’intervention policière a déjà porté fruit. Le cortège est loin devant nous, à presque deux coins de rue. Nous entendons un gros BOUM suivi d’un nuage de fumée. Mon amie Claude, plus brave que moi, s’avance. Comme plusieurs autres, je reste sur place, sur le trottoir. Quelques minutes plus tard, il n’y a plus personne sur Sherbrooke. Je pense que tous les manifestants ont été dispersés. Et, avec le message non équivoque que les « forces de l’ordre » ont laissé sur leur passage, je me dis que si des manifestants se sont entêtés, ils doivent passer un mauvais quart d’heure…. Je rentre à la maison en espérant que mon amie Claude soit saine et sauve. Rassurez-vous, elle l’est ! Aux nouvelles, en fin de soirée, je vois très peu d’images montrant la calme qui régnait jusqu’à la rue Sherbrooke. Je ne vois rien non plus de l’offensive qui s’est amorcée dans la côte…. Je ne suis surprise de voir une auto de police renversée. Je suis contre la casse, mais selon ce que je viens de vivre, elle a été provoquée.
Combien y en a-t-il, qui, terrorisés comme moi, sont partis, laissant ainsi toute la place aux casseurs. Combien y en a-t-il d’autres, moins peureux, plus jeunes plus fous comme disait la chanson, qui se sont enflammés en réaction à cette brutale intervention policière ?
Suis-je naïve de penser qu’il aurait été possible que cette manifestation se termine paisiblement ?
Le chef du SPVM est fier du travail de ses troupes. Moi je serai fière du SPVM quand il réussira à neutraliser une poignée de casseurs tout en protégeant des milliers de manifestants paisibles.

J’ai décidé de participer à cette manifestation parce que je suis indignée devant la brutalité dont ont été victimes les étudiants qui manifestaient paisiblement le 7 mars dernier. Ce qui est arrivé à Francis Grenier aurait pu arriver à ma fille, à mon neveu, à ma nièce, au fils ou à la fille de mes amis….
Ce qui est arrivé à Francis Grenier aurait pu nous arriver, à Claude et à moi, hier soir.

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Un parmi tant d'autres

27 Mars 2012

J'aimerais profiter de votre tribune pour m'exercer à une certaine critique de l'information journalistique offerte à la population du Québec. Le 27 mars 2012, une manifestation pacifique avait lieu à Québec. Comme à l'accoutumée, les manifestants de la région ont été d'un calme exemplaire, on ne dénote aucuns méfaits, mais une seule arrestation. Oui, une seule, c'étais moi! Avant même mon retour à la maison, certains médias parlaient de ''voie de faits sur un policier''. Sans nom, sans âge, sans description de l'incident et surtout sans témoins. J'en avais un moi, un témoin. Ce témoin a eu la démonstration d'une brutalité policière gratuite et agressive. Avant de vous raconter cette situation de moins en moins UNIQUE je suis un étudiant de Science Politique à sa dernière année, âgé de 25 ans, j'habites Montcalm et je n'avais jamais assisté à aucune manifestation. Durant le dernier mouvement étudiant, j'étais fort actif et fiché, c'est pourquoi dans ce mouvement je me gardais une certaine distance. Étudiant sur les prêts et bourses, endetté, pas de cellulaire, pas de laptop et maintenant pas de lunettes.

Par la magnifique journée du 27 mars, je me rends devant l'Assemblée Nationale, suite à l'invitation d'une amie qui allait manifester avec sa petite fille en poussette. Je rencontres Amir Khadir, j'échanges quelques mots avec lui, la manifestation commence. De la musique festive, des discours et de l'entrain, on se met en marche! Après la perturbation du ministère de l'éducation pendant une vingtaine de minute, sit-in devant l'Hotel-de-Ville et le complexe Price (Bureau de Jean Charest), nous continuons notre chemin, nous voilà au moment critique, à la croisée des choix. Descendre la Côte d'Abraham ou pas, la jeune maman décide de quitter, ne reste plus qu'un militant plein d'entrain que nous avions rencontré chemin faisant. Ce travailleur engagé ne s'attendait jamais à voir ce qui allait suivre. Nous descendions avec près de 200 manifestants la Côte d'Abraham, quand marchant à gauche je me fais projeter par en arrière, Une personne derrière moi m'a littéralement tiré de devant une auto-patrouille qui n'a jamais rallentie. Lorsque j'ai été projeté en arrière,ma bouteille d'eau a eu un jet qui a été projeté sur la fenêtre de l'auto-patrouille, selon ce que j'ai pu apprendre après.

Suite à cet accident évité de justesse, je proposes à mon compatriote de descendre les marches qui relient la Hautte et Basse-ville de Québec pour aller manger. On descend, rendus en Basse-ville, on se met à l'abri pour allumer nos cigarettes. Erreur coûteuse, on était relaxe, satisfait d'une magnifique journée de manifestation, deux policiers surgissent, Louis-Paul Roy matricule 3246 agent de la paix de Québec, me cri '' Té accusé de'' me frappe à la poitrine et me pojettes contre un ''rack à bécyk''en métal à coté par 2 fois. Stupéfait et incrédule, j'entends ''Il était innofensif'', L'agent Roy se tourne vers le témoin de la scène tout en me brutalisant sur la barre horizontale de métal. Je demandes aussitôt: ''Je veux ton numéro de badge'', il a refusé par 3 fois. Cette situation pour en être sensibilisée via la répression illustrée partout au Québec ne m'a pas supris.

Là où le bas blesse, c'est que pendant qu'ils, l'agent Dany Jobin #3147 et l'agent Louis-Paul Roy #3246 de l'équipe 1214, m'amenaient à une auto-patrouille venue me chercher, ils m'ont plaqué contre le mur, Jobin me tordant le poignet, je me retournes et dit les mots fatidiques ''Tu m'fais mal criss de sale'', les slogans, la chaleur, la violence dont je venais d'être victime qui sait, au même moment le policier ROY me vidait ma bouteille d'eau dans le cou en me tenant plaqué au mur et ce, devant d'autres policiers, la suite n'est que procédure ''normale'', arrivée au poste, détention jusqu'à la fin de la manifestation et remise en liberté. Accusations? ''Insulte à un policier''.
''Voie de faits sur un policier'' tels que décrié par certains médias, non. ''Voie de faits sur une autopatrouille avec de l'eau'' comme l'a dit par la suite le policier Jobin à mon témoin......non. J'ai été frappé, rentré dans un ''rack à bécyk'', frappé sur un mur, au nom d'un crime que j'ai commis après. Pouvons-nous appeler sa de la prévention au nom d'une insulte pouvant arriver à n'importe quel moment? Je ne veux pas crier au profilage, mais plusieurs vont me reconnaître si vous publier la photo. La réalité c'est qu'au Québec, l'État providence est devenu un état policier, probablement parce que la richesse fût distribuée à une minorité qui se sont subventionné des badges et le droit de tuer, de gazer, de matraquer et de poivrer. Au Québec, on est habitué aux PPPP, le Public Paye et le Privé Profite.

Je terminerais en disant quelques mots sur mes lunettes, ce bout de plastique inutile pour plusieurs, essentiel pour moi.
Mes lunettes étaient discontinuées, rares, sans aucune garantie, nouvelle et prometteuse, de marque et m'avaient pris du temps à choisir. Elles étaient pour moi une source de fierté, un symbole d'un nouveau départ, la confiance en l'avenir et leur vie s'est terminé en queue de poisson avec fracas. La métaphore entre Jean Charest, Line Beauchamps ou n'importe quel autre député libéral et mes lunettes serait méchante envers mes lunettes. Je les ai choisies avec soins, au soleil elles se teindaient, sans soleil elles étaient transparentes ce qui faisaient de mes lunettes une entité avec beaucoup plus de nuance que le gouvernement libéral, qui ne seraient que des lunettes d'aveugle, accessoire et sans autre utilité que cacher une réalité éprouvante.

Mes lunettes pour les votres, Mme Beauchamps sommes-nous quittes? Pouvons-nous enfin négocier?

Étape 1: Publier dans les journaux.
Étape 2: Plainte à la déonthologie policière. (Pourquoi 1 avant 2, parce qu'une fois n'est pas coutume, mais sa devient une tendance au Québec)

Jonathan Labrie
Étudiant en Science Politique Université Laval
27 Mars 2012

Désolé pour la rigueur, j'ai écrit une fois mon histoire et je la distribue partout.

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Police violence - my story

The 16th March Against Police Brutality took place in Montréal a couple days ago, on March 15. Police say they arrested 226 people. I was one of them. I was also beaten, as were many other people I met that night, surrounded by police, in the cold, for 3 hours. Below I've explained a bit of what happened to me. I've also started a blog where I present counter-arguments to the “official story”. Please send this on to everyone you know who may be interested (or not). Police abuse in Québec is systemic, historic and on the rise. Action against police abuse is not. In 2011, over 1700 complaints were made but only 70 reprimands handed out. Please read the brief story below and check out the blog. Feel free to get in touch. And if you can spare a bit of $$, please consider donating to the Collective Opposed to Police Brutality who are coordinating legal aide for those of us who have been unjustly arrested and abused this year and last.

Last year my wife Joanne and I went to observe the annual March Against Police Brutality in Montréal. Moving through the city, the march was about 600 strong and reached the intersection of St-Denis and Mt-Royal. Here, the police decided to use a crowd control method called “kettling” whereby they surround a group of people, ostensibly until tempers (and bladders) boil over. Jo and I were behind the police line and were given a choice of walking back into the dozens of riot police or joining the surrounded crowd. When we asked what consequences these choices would have, the line was only repeated. Eventually, the cop I was arguing with grabbed me by the collar and threw me into the crowd. I made a police complaint which went nowhere because I was unable to identify the man who violated my right to make an informed decision. And so we went again this year.

We arrived at 5pm March 15, 2012 at Place Emilie-Gamelin, right by my university UQAM. We followed the many hundreds strong crowd for the beginning of the march and then went off to a meeting elsewhere. I returned at 7:30pm that night to retrieve my bicycle. Having no idea what had taken place over the previous hour and a half, I did a brief tour of the neighbourhood. The streets had been blocked off by police cars, but for no obvious reason. A small crowd of max. 100 people was jeering at a group of maybe 30 police. It seemed that things would quickly fizzle out if the cops just went home. However, when they launched pepper spray grenades at the small crowd I decided it was time to split. It was then that I saw 3-4 vans full of police speed to the south end of the park. Time to head home and make supper.

Walking my bike up Berri, I turned to see people fleeing the park and riot cops in battle gear coming at me yelling “Bouge Bouge Bouge” or “Move Move Move”. Seeing as I'd done nothing wrong I decided to step aside. It was then that two cops came at me, one backhanding me at the base of my ribs with his club. What? Did this guy really just hit me? I freaked out and then calmly asked the guy with a camera next to me to zoom in on the helmet of the one who hit me.

Moments later, everybody on the street was pushed by cops on all sides, yelling, pushing, whacking people with clubs. In the end, around 200 of us were kept kettled from 8pm-11pm. At 8:47pm the Montréal police tweeted that they were going to arrest us. Around 9pm the told us officially that they were arresting us for contravention of a municipal by-law. Among us were tourists, people on their way to meet friends for supper, teenagers exiting the library, and demonstrators. All declared guilty without due process for being in the wrong place at the wrong time. Over the next two hours, they took us one by one, handcuffed us with our hands behind out backs, frisked us, searched our belongings, transported us on city buses driven by city bus drivers to the Operation Centre – East at the extreme north-east end of Montréal. Here, we were again taken one by one, identified, and photographed. All while still handcuffed. I was given a ticket for $146. A bus dropped the lucky ones of us at a metro after midnight just in time for the last train. Other people were released at seemingly random spots in the city after 1am when the metro had closed.

Since I awoke in anger the following day I've been calling media and politicians, trying to speak for myself and others are unable to for whatever reason. For the most part, my voice has been a lonely one. Is it any surprise? How do you write down a badge number while you're being beaten or pepper-sprayed?

Evan Light
Montréal, Québec, Canada
17 March 2012

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Je revendique qu’on abolisse aux services d’anti-émeute le droit d’utiliser la grenade assourdissante

07 Mars 2012

7 mars 2012

À qui ceci peut concerner,

Cet après-midi, sur les rues Sherbrooke et Aylmer, j’étais présent à l’action manifestante du mouvement étudiant qui consistait à bloquer l’accès aux bureaux de la CRÉPUQ. C’était une manifestation plutôt petite, quoique tout de même importante, alors vos services ont été requis pour disperser les manifestants. Je dépose cette plainte contre la brutalité démesurée qu’a usée la police sur les manifestants. L’intimidation directe est une évidence pendant une telle intervention, mais les actions prises par la police cet après-midi étaient démesurées, constatant qu’ils n’étaient pas contre une foule destructrice et violente, bref une émeute, mais des étudiants pacifiques. Courir et taper sur des manifestants pris dans un cul-de-sac, c’est inacceptable. Taper continuellement des gens qui essayent de quitter les lieux, c’est gratuit.

Mais le pire acte inutilement violent (inutile, toujours en constatant le groupe contre qui l’anti-émeute faisait face) fut l’utilisation de grenades assourdissantes. Cette arme est premièrement un outil qui sert à intimider psychologiquement les manifestants. Quelle est le but de traumatiser les membres d’un groupe pacifique? De plus, les grenades qui explosaient directement au-dessus de la foule étaient dangereuses. Comme vous l’aurez sûrement constaté, il y a présentement un élève du cégep de St-Jérôme à l’hôpital, car il a reçu un morceau d’explosif dans l’œil, et les dommages seraient graves. J’ai moi-même reçu un morceau au visage. Ma lèvre est bousillée. Je me plains du manque de jugement qu’ont fait preuve vos employés. Des gens pacifiques, sans armes, qui n’ont ni attaqué de policier, ni fait de grabuge, se sont fait violenter psychologiquement et physiquement. Je revendique qu’on abolisse aux services d’anti-émeute le droit d’utiliser la grenade assourdissante, sinon sur des groupes violents, et puis même là, tout le monde était en danger de se faire crever un œil aujourd’hui.

Veuillez accepter ma sincère adresse,

François Latreille
Étudiant en grève

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Violence policière lors de la manifestation contre la hausse des frais de scolarité du 7 mars 2012

07 Mars 2012

Lors de la manifestation contre la hausse du 7 mars 2012 devant les locaux de la CREPUQ, le SPVM a blessé grièvement aux yeux un étudiant. Présentement, ce dernier risque de perdre son oeil.
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Témoignages :
"Un des manifestants s'est fait lancé une bombe sonique a bout portant et un fragment lui a crevé l'oeil. Mes oreilles silles encore de cet après midi et une amie vomit constamment. Un autre manifestant s'est aussi fait fendre la tête par une matraque tandis que des dizaines d'autres se faisait poivrer. Nous on espérait une manif pacifique alors que les porcs on décidés d'employer la violence."

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

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1329929390

17 Février 2012

Le policier a saisi m on véhicule et l'a fait remorquer au coin de ST_Laurent et avenue des Pins a Montreal. Or, a ce moment , je n'avais recu aucun avis qu'il y avait une suspension de permis ou une sanction contre moi. Je recois et vérifie mon courrier a tous les jours. Or , aujourd'hui, 22 Fevrier, j'ai recu un avis de paiement de $170.00 a faire , avec date d'échéance du 29 Février 2012. Au moment de la saisie du véhicuile et meme aujourd'hui, j'avais seulement 3 points d'aptitude au dossier et 12 pendantes (pas jugées encore). Mon véhicule a été saisi pour 30 jours et est a la fourriere. Or, je subis des préjudices graves et j'ai besoin de mon véhicule pour mon travail et j'estime perdre entre $500 et $1000 par jour sans véhicule en dommages directs de cette saisie.

André EWERT, avocat
514-813-2106

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Récit d'une personne ayant subi, de façon très concrète, la répression contre les manifestants au G20 à Toronto en été 2010.

Je marchais dans la ville

Ils m'ont écrasé le visage contre le mur de brique

Ils ont fouillé mes poches et mon sac

Ils ont noté mes informations personnelles

Le lendemain matin ils nous ont réveillés avec leurs armes

Ils étaient entrés dans le gymnase

Ils nous ont interdit de bouger pendant quatre heures

Sans boire une gorgé d'eau sans manger ni aller aux toilettes

Mon frère s'est levé et a vomi

Ils nous ont fait sortir les uns après les autres

Ils nous ont menottés aux mains et aux pieds

Nous ont pris en photo

Ils nous ont mis dans un fourgonnette blindée

pour nous amener à l'autre bout de la ville

On se cognait à un mur puis à l'autre du blindé à chaque virage

Attachées aux mains et aux pieds

Des filles tombaient par terre

C'était la canicule

Nous suffoquions

Nous étions coupables d'assemblée illégale

Le véhicule s'est arrêté

À travers les murs on entendait une foule crier

Des gens frapper sur du métal

Un tonnerre de bruits de métal

La foule semblait crier pour demander de la nourriture

Ils nous ont laissées enfermées dans le véhicule pendant une heure

À suffoquer dans le noir et la chaleur étouffante

Ils ont ouvert les portes

Nous étions dans un ancien entrepôt de décors de cinéma

Ils avaient commandé des cages de métal

Avec des toilettes chimiques

Chaque cage était séparée des autres par des feuilles de tôle

Ils avaient construit des murs, des sections dans l'entrepôt énorme

Le processus avait ses étapes, avait été entièrement réfléchit

Dans la première cage nous étions plus d'une vingtaine de filles

Des militantes, des queers, des curieuses, des étudiantes, une activiste, des mères de famille,

des qui avaient étés arrêtées au coin de la rue en allant téléphoner, des femmes de tous les âges et de tous les genres

L'une d'entre elle avait besoin de ses médicaments

Elle était sur le point de s'évanouir

Nous avions les mains attachées serrées avec des tie-wraps

L'air climatisé congelait l'espace

Le plancher de béton était glacé

Il n'y avait qu'un banc trop petit pour se coucher

Une toilette chimique sans porte et sans papier

Et des verres de styromousse qui jonchaient le sol

Au bout de quelques heures

Tout le monde criait dans toutes les cellules

Ou pleurait

Des gens se pètaient des psychoses par manque de médication

Un homme à fauteuil roulant était passé menotté aux pieds

De temps à autre on voyait passer des nouveaux à travers les cages

Tout le monde frappaient les grillages pour l'accueillir et les feuilles de tôles qui nous séparaient faisaient un tintamarre d'enfer

Les policiers se foutaient de nos gueules dès qu'on leur demandait quoique ce soit

Ils bouffaient du chocolat devant nous et nous narguaient

Parfois, entre les cages, certains se mettaient à dix pour hurler un nom en l'air

Cinq secondes plus tard, on entendait dix autres s'étant mis ensemble pour répondre à l'appel

Des frères et des soeurs s'appelaient, des amoureux, des amis

Ils m'ont sortie pour m'amener dans une autre section

Ils m'ont ordonné de me déshabiller

Dans une salle rudimentaire en presswood sans porte

Ils ont pris mes empruntes digitales et ma signature

Ils m'ont dis que j'étais coupable de conspiration

Puis m'ont ramenée dans une autre cage avec d'autres filles

Nous n'avions pas le droit de parler à un avocat

Ni de faire d'appel

Les policiers nous narguaient toujours

Mangeaient devant nous

Nous amenaient des tranches de pain blanc et une tranche de fromage kraft chaque douze heure

Nous n'en mangions même plus

Nous ne dormions pas

Nous ne savions plus le nombre d'heures depuis notre arrestation

Douze heures ou deux jours ?

Nous avions complètement perdu le sens de la temporalité

Claquer des dents de froid pendant combien de jours ?

Sous le néon constant et l'air climatisée

Le temps ne passait plus

Ils nous changeaient souvent de cellule

C'est tout ce qu'ils faisaient

Ils ne comprenaient rien

Ils nous disaient n'importe quoi

Nous faisaient toujours des faux-espoirs

Qui se brisaient à chaque changement de cellule

Ils venaient crier des noms

Et une à une toutes elles partaient

Sauf moi

Ils nous ont remises dans le blindé pour encore nous déplacer ailleurs

Nous voulions obsessivement savoir quand serait le procès

La fin du cauchemard

Comme si nous n'y croyions plus

Il n'y avait plus rien là-bas que nous aurions pu croire

Ils nous ont envoyé dans un centre de détention de femmes

C'était de pire en pire

Elles nous ont confisqué nos vêtements et vêtues de cotton watté vert forêt

Nous ont confisqué nos souliers

M'ont coupé les cheveux pour en enlever les bijoux

Ont forcé pendant une demi-heure sur l'anneau dans mon nez, sans succès

Ont jeté mes effets personnels à la poubelle devant mes yeux et ont mis le reste dans un immense ziploc

Elles m'ont posé toutes les questions

Notant chaque réponse sur une grille

Elles étaient plus que rudes avec nous

Nous étions une dizaine de filles dans une cellule de cinq pieds carrés

Nous sommes restées là plusieurs heures

Puis elles nous ont remises dans le blindé

Pour ailleurs, mais nous savions qu'encore, ce serait pire

Les cellules du palais de justice

Il n'y avait personne

D'un côté il y avait une trentaine de filles dans un cellule

Dans l'autre une dizaine

Mais personne ne passait jamais

Il faisaient toujours aussi froid

Le néon trahissait toujours la temporalité

Empêchait de dormir

Coupait l'appétit

Ils ne nous apportaient plus rien à manger d'ailleurs

Nous ne pleurions même plus

Ils nous avaient dit : le procès, aujourd'hui

Mais comme la juge était fatiguée

Elle remit tout au lendemain

On se remit à crier

Personne ne vint

En toute une nuit

Au matin ils se remirent à appeler des noms qui

peu à peu

quittaient pour dehors

pour dehors vraiment ?

Le procès dans un cubicule vitré menotté aux pieds et aux mains

Théâtre incompréhensible dont tu n'es que le spectateur

Ton propre procès

Personne ne comprend plus rien

En te sortant ils font gaffe de te serrer le bras bien comme il faut

Et dehors : des amis des accolades et des clopes

Mais dehors : toujours la prison

À L'EXTÉRIEUR DES MURS DES PRISONS :

LA PRISON

 

 

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Pour avoir traversé à pied sur un feu rouge

(Témoignage pris de l'article suivant : http://tvanouvelles.ca/lcn/montopo/photo/archives/2011/08/20110801-18404...)

Marie Brais, une Longueuilloise de 57 ans qui habite tout près de l'entrée du pont Jacques-Cartier, se dirigeait peu avant 22h vers l'infrastructure afin de profiter de la dernière fin de semaine de l'événement.

«J'étais bien habillée pour l'occasion, j'écoutais la musique des Beatles, et je me dirigeais d'un bon pas vers le pont. C'est alors que j'ai remarqué qu'un policier me faisait signe.», a raconté Mme Brais, qui a affirmé croire, à cet instant, que l'agent lui demandait de porter une attention particulière à la signalisation, car elle avait traversé la rue Saint-Laurent au feu rouge, à l'intersection de la rue Sainte-Hélène.

«Je ne l'entendais pas vraiment à cause de la musique, mais le policier a continué à m'interpeller», a poursuivi la dame. C'est alors que ce dernier l'aurait rattrapée et lui aurait demandé de présenter ses pièces d'identité afin de lui remettre une contravention.

«Je n'ai pas mes papiers d'identité avec moi, car j'habite près du pont», lui aurait-elle répondu, en précisant son nom, avant de poursuivre sa route à l'issue d'une vive discussion avec le policier.

C'est alors que s'en serait suivie une arrestation musclée. «Il est arrivé dans mon dos, m'a prise par en arrière et a essayé de me tirer vers sa voiture», a relaté Mme Brais. Un deuxième policier serait alors venu en renfort, et l'altercation au sol aurait duré environ cinq minutes, selon la présumée victime.

«Je n'arrêtais pas de crier : ‘Lâchez-moi, lâchez-moi' pendant qu'ils me menottaient.» Elle aurait par la suite été conduite à l'auto-patrouille des policiers, où elle serait restée menottée pendant toute la durée des feux d'artifice, soit pendant une trentaine de minutes.

La dame a confié avoir reconnu son tort, mais a dénoncé la «violence» qu'auraient déployée les policiers. «Je me suis sentie agressée. Ils m'ont traitée comme une moins que rien.»

Des témoins «sous le choc»

Samedi soir, Marie-Ève Perrault et son époux, Karles Renaud, se rendaient également sur le pont Jacques-Cartier pour assister à la présentation des feux d'artifice. Le couple, qui était accompagné de ses quatre enfants en bas âge, dit avoir assisté, impuissant, à toute la scène.

«Les policiers nous ont demandé de circuler, parce qu'une intervention policière était en cours», a indiqué Mme Perrault, qui a envoyé plusieurs photos témoignant des blessures de Mme Brais à Mon Topo afin de dénoncer ce présumé cas de brutalité policière.

«La dame, qui a été propulsée sur l'asphalte par les policiers, s'en tire avec une méga-ecchymose au visage, les lunettes brisées, une dent cassée et les bras portant de multiples blessures», a fustigé la mère de famille.

Cette dernière a également raconté que son conjoint et elle ont assisté au spectacle de feux d'artifice contre leur gré, secoués par ce qui venait de se dérouler devant leurs yeux. Cette émotion était toujours bien vive lundi.

«Je suis encore sous le choc. Mon mari, mes filles et moi avons été témoins, samedi soir, de brutalité extrême faite par des policiers de Longueuil sur une dame dans la cinquantaine qui, selon eux, résistait à son arrestation pour avoir traversé à pied sur un feu rouge», a relaté Mme Perrault.

Ambulanciers

La présumée victime a indiqué que les policiers ont fait appel à une ambulance à l'issue de l'intervention afin qu'elle soit conduite à l'urgence pour soigner ses blessures, ce qu'elle a refusé. Elle gardait espoir de revoir des témoins des événements, a-t-elle dit.

Patrick Jasmin, relationniste pour la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) a d'ailleurs confirmé «qu'une dame avait refusé un transport en ambulance à l'heure et au lieu indiqués», refusant de donner plus de détails.

«Quand on a terminé de voir les feux, on est redescendu du pont à la recherche de la dame. On l'a retrouvée et l'avons raccompagnée chez elle», a expliqué Mme Brault. Les photos témoignant de ses blessures ont été captées à son domicile.

Enquête

Interrogée au sujet de cet incident, la police de Longueuil a confirmé qu'un événement impliquant une femme et des policiers avait bel et bien eu lieu samedi soir à l'intersection des rues Saint-Laurent et Sainte-Hélène.

«On veut savoir ce qui s'est passé. Une enquête a été ouverte aujourd'hui», a indiqué l'agent Karl Bérubé, responsable de l'unité des Affaires publiques, en fin d'après-midi. Mme Perrault et son époux ont d'ailleurs confirmé qu'un enquêteur les avait contactés afin d'obtenir leur version des faits.

(Crédit photo: Marie-Ève Perrault, Lavaltrie, via Mon Topo)

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Une main sur l'épaule

20 Janvier 2012

(témoignage provenant de l'article suivant :
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/archives/2012/02/20120206-1853...
http://tvanouvelles.ca/video/1437367526001/force-abusive-dun-policier/)

Une jeune femme de 19 ans de Dolbeau-Mostassini affirme avoir été victime de brutalité policière lors de son passage à Montréal, il y a deux semaines.

Le 20 janvier, Sophie Dumais-Parent sortait d'un bar du boulevard Saint-Laurent, à 3h, lorsqu'elle s'est aperçue que son frère avait été expulsé par un portier de l'endroit. Elle se serait alors approché de ce qu'elle croyait être un agent de sécurité qui lui tournait le dos et lui aurait posé une main sur une épaule.

L'homme se serait alors retourné avant de prendre Mme Dumais-Parent par les cheveux, de lui frotter la tête sur une grille métallique et de la projeter au sol. Il lui aurait également frappé la tête sur le sol glacé.

En se relevant, la jeune femme aurait frappé l'homme au visage dans le but de s'enfuir, mais ce dernier l'aurait de nouveau plaqué au sol en lui disant qu'elle venait de commettre des voies de fait sur un policier.

À la suite de l'intervention, Mme Dumais-Parent a été hospitalisée pour traiter un traumatisme crânien. Elle a aussi subi des engelures aux jambes et des ecchymoses aux bras. Dans son rapport, le médecin traitant a indiqué: «violence qui semble démesurée faite par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)».

Une plainte a été déposée en déontologie policière et la jeune plaignante souhaite que la vérité soit entendue.

«J'espère juste que la justice soit faite, qu'il soit sanctionné et que la plainte qui a été émise contre moi soit erronée et qu'on sache la vérité!»

Sophie Dumais-Parent doit quant à elle comparaître le 19 mars relativement à l'accusation de voies de fait sur un agent de la paix.

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Ville où l'événement s'est produit: 

Elle marchait un peu trop vite

(témoignage provenant de cet article de presse : http://fr.canoe.ca/infos/societe/archives/2011/02/20110202-110607.html)

Je suis étudiante à l’UQAM, je sortais d’un cours et je marchais sur la rue Saint-Denis, a-t-elle expliqué. J’ai voulu traverser la rue Laurier. J’étais pressée. La lumière était verte, alors j’y suis allée, mais j’ai marché vite afin de ne pas arriver de l’autre côté au moment où la lumière serait rouge.»

C’est alors qu’une policière l’a interpellée. «Elle m’a dit: "avez-vous vu à quelle vitesse vous avez traversé?" Je ne comprenais pas de quoi elle m’accusait. Elle m’a demandé de lui donner une carte d’identité, ce que j’ai refusé de faire parce que je n’avais pas enfreint la loi. C’est là qu’elle m’a attrapé les mains.»

La policière a appelé une collègue, qui se trouvait à proximité. À deux, elles ont plaqué la jeune femme au sol. «Elles m’ont mis des menottes et m’ont assise sur la banquette arrière de la voiture de police. Je leur expliquais que les menottes me faisaient mal et elles m’ignoraient complètement. L’une d’elles m’a même injuriée. Elle a dit: "tabarn… elle en a donc ben, des livres" en fouillant mon sac à dos.

La jeune femme a subi des blessures au cours de l’intervention. «J’avais déjà eu une entorse cervicale lombaire, qui est revenue. Il y a beaucoup de policiers dans mon entourage, dont mon père. Quand je lui ai raconté mon histoire, il a dit que ça n’avait pas d’allure, que je devais porter plainte.»

Elle s’est présentée le lendemain au poste de quartier 37, sur la rue Laurier, pour y déposer une plainte en déontologie policière. Elle dit y avoir été bien reçue. Elle entamera une poursuite contre les policières.

Ville où l'événement s'est produit: 

Dossiers: 

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

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