Témoignages d'abus policiers

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Témoignage

19 Juin 2013

Manif du 15 mars

Arrestation manifestation contre la brutalitée policiere
15 mars 2013

Charles-Antoine Guay

Place des spectacle, Montréal.

Alors voila je suis un gars ordinaire plutot petit. Skinny jeans, un manteau assez épais et une tuque de laine. Direction metro place des arts pour participer a la manifestation de la journée internationale contre la brutalitée policière. On compte deux ou trois helicopteres policier qui survolent la ville, notant les differents rassemblements de manifestants. Des le début, sa s'annonce mal pour nous..

Les policiers sont en surnombre, peu etre 1 flic pour chaque 1,5 manifestant. L'air est lourd de gaz lacrymogenes qui irritent nos yeux et voies respiratoires et des grenades (assourdissante) explosent un peu partout, certaines a nos pieds (une grenade assourdissante peu etre dangereuse si elle explose trop pres de la foule). Malgré cela, nous marchons sur St-Catherine en scandant nos slogans. Po-olice politique, S-SPVM! No justice No peace, Fuck the police! A qui la rue?! A nous la rue!!! Derrière nous un contingent de policier en armure nous suivent de tres proche, frappant matraques contre boucliers, ils nous chargent. Et tres souvent!

Environ 10-15 minutes apres le départ de la manifestation, a l'intersection (rue et rue), des policiers, a pied et en vélo chargent a coups de matraques le coté du groupe, le séparant en deux et emprisonant les 30-40% qui formaient l'arriere de la manifestation dans une souriciere. On peu rien faire pour eux, ils vont être arretés et retenus jpréventivement jusqu'a la fin de la manif.

Nous sommes maintenant séparés en quelques petits groupes qui marchent sporadiquement dans les petites rues proche de la station berri, se cherchant les uns les autres. Il faut se regrouper! Ils l'ont eu beaucoup trop facile cette fois ci.. L'une des fille est au telephone avec un ami qui est avec le rassemblement principal restant. Elle crie: Direction coin (rue et rue)! C'est a quelque pas et nous nous rendons en quelques minutes seulement, suivi par une vingtaine de policiers a vélo tout ce temps.

Maintenant sa commence à chaufer, des briques sont lancés contre les voitures de police. On peu sentir la frustration de la foule et la tension est à son comble.
Du gaz (lacrymogene) est lancé, des policiers a cheval chargent et une femme flic asperge de poivre de cayene un groupe de manifestant qui se sont assis pacifiquement sur la chaussée en se tenant les coudes. On voit bien les troupes anti-émeute s'organiser pour nous encercler. Time to go! Je commence a courir vers le nord et un flic réussi a m'assener un grand coup de matraque dans le millieux du dos. J'en évite un autre qui tente de m'attraper et je part a courir, tourne un coin et entre dans un McDonald en me mêlant a la foule. C'est passé tres proche!

Je ressort après quelques minutes pour constater qu'un autre groupe de manifestant, une trentaine, c'est fait prendre en souriciere. Les médias de masses filment. Pas les arrestations brutales en cours, non! Mais bien les quelques pare-brises fracasses. Un autres exemple de la corruption dans les médias de masse.

Plus loin, un petit groupe de jeunes de 4 ou 5 personnes marche sur le trottoir avec des drapeaux sur l'epaule. Ils sont pacifiques et ils se dirrigent vers le metro pour rentrer chez eux. En tournant le coin, ils tombent sur des policiers en armure, qui se ruent sur eux a coup de mattraques et de poivre de cayenne. L'un des jeunes est jeté a plat ventre par 6 ou 7 policiers et son bras est horriblement tordu, une autre est plaquée au mur par trois hommes et les autres on réussi a s'enfuir. Je sort mon téléphone et commence a filmer, le gars a terre hurle de douleur et appelle a l'aide. Il dit qu'ils vont lui briser le bras, qu'il a de la difficulté a respirer et que le genou appuyé sur son cou exerce beaucoup trop de pression. Aucune réaction des flics, qui font le sale boulot du gouvernement comme un troupeau de brebis ou bien une armée de robots sans coeur.

Pendant que ses collègues relèvent le pauvre gars sans ménagement en le tirant violemment par terre, trois policiers nous chargent à coup de matraques en criant "recule"! Je suis poussé sans ménagement, comme le photographe a coté de moi qui tombe par terre avec tout son équipement. En l'aidant a se relever, je crache sur le sol, tant de dépit que de mépris. Mauvaise idée! L'un des flics se rue sur moi et je l'évite de près en partant a courir dans l'autre direction. Je suis plutôt rapide et je réussi a le semer sans trop de mal. Mais en traversant la rue, je vois une voiture de police qui rebrousse chemin sirène et lumières allumées. Je tourne a gauche, toujours en sprintant et une camionnette passe sur ma droite. Elle freine brusquement environ 20 mètres devant moi et trois flics en sortent. J'en évite un de justesse et un autre réussi a poser sa main sur moi, mais pas a m'attraper. Le dernier me plaque violemment et je me retrouve au sol avec trois policier sur moi, mon poignet est tordu d'une façon bizarre, un genou est appuyé sur le milieux de mon dos et j'ai de la misère a respirer. J'essaye de résister mais un des flics me met un genou dans les parties. On me passe des menottes de plastique atrocement serrée et on me traine vers le trottoir.

Fouille générale: toutes mes poches sont retournées, on me touche partout, paquet et derriere inclus, et pas doucement! Mes effets sont jetés sans ménagement dans l'eau.

Apres la fouille, je passe une bonne vingtaine de minutes dans le froid, sans manteau. J'entend le conducteur de la camionnette se faire féliciter comme après une bonne partie de chasse. Il m'aurais vu courir et aurais décidé de procéder a mon arrestation, même s'il n'avais aucune idée de la raison de ma course. Un supérieur arrive, et ils délibèrent, finalement ils décident de me garder sous prétexte que je suis dangereux et imprévisible, ce sont les exact mots qu'il a utilisé.

Une fourgonnette arrive et deux policiers en sortent pour m'amener je ne sais ou. Il me prennent par les bras et me poussent violemment dans le fond du banc arrière. J'entend le supérieur dire: "Faut pas que le petit criss puisse bouger", le policier qui m'a trainé dans la fourgonnette acquiesce et pousse brusquement mon visage sur la vitre en mettant une main autour de mon cou. Je suis dans une position plutôt inconfortable, mon visage est contre la vitre, une main m'étrangle, j'ai de la difficulté à respirer, les bandes de plastique rigides qui enserrent mes poignet m'entaillent la peau et mon dos forme un angle bizarre. Je demande au policier qui me maltraite son matricule, un droit que toute personne a, mais il me répond en poussant ma tête encore plus fort sur la vitre.

Je fais tout le trajet comme sa, une dizaine de minutes. On me tire hors de la voiture. Nous nous trouvons maintenant à l'intersection berri/st-cath je crois, un groupe de manifestant est pris en souricière, la police les arrêtant un a un. Des autobus de la stm remplis de détenus sont sur place, j'en compte 4. Les trois premiers sont plein alors on me fais monter dans le quatrième. On prend mon nom et ma carte d'identité et on m'enlève les menottes, qui sont beaucoup trop serrés. Mes poignets sont lézardés de profondes entailles et mes main sont toutes gonflées.

Quand l'autobus démarre, les policiers refusent de nous dire notre destinations. Un slogan venant de l'arrière retenti: No justice, no peace! Fuck the police! Tout le monde répond en coeur.

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Témoignage du 5 avril 2013 et appel à tous

05 Avril 2013

Appel à tous! Je cherche à entrer en contact avec la dame qui a été brutalisée par les policiers du SPVM au coin des rue Maisonneuve et Saint-Hubert (trottoir sud-est) à 21h00 le vendredi 5 avril 2013. Elle est âgée d’environ 40 à 50 ans et est grande d’environ 5 pieds. Cette femme venait de sortir de la souricière dans laquelle elle venait de passer environ 3h par un temps venteux et froid. Cette dame était accompagnée de son chien.

En sortant de la souricière, elle est venue nous montrer sa contravention de 637$ en clamant sarcastiquement qu’elle était une «femme dangereuse». Son «délit» était tamponné sur sa contravention : en vertu du règlement municipal P-6, elle a participé à une manifestation dont le trajet n’avait pas été divulgué au Service de police de la ville de Montréal.

C’est alors qu’elle nous a dit que nous «étions une belle génération». Je l’ai remercié. Elle était d’une gentillesse et d’une douceur désarmante, même après avoir été maltraitée pendant un peu moins de trois heures à l’intérieur de la souricière. Elle semblait rentrer chez elle, en promenant son chien en laisse, alors qu’une colonne d’environ une demi-douzaine de policiers venait en sens inverse.

Par bravoure et par dérision, elle braquait sa contravention dans les airs en clamant sarcastiquement, encore une fois, qu’elle était «une femme dangereuse». Elle venait de passer au moins la moitié de la colonne de policier, c’est alors qu’un léger contact a eu lieu entre elle et un policier. Les trois derniers policiers de la colonne ont sauté sur la dame avec une violence inouïe. L’une d’eux a proclamée qu’il s’agissait là d’un «voie de fait contre un agent de la paix», ou une ineptie illogique de la sorte.

Ils ont projeté la dame au mur.

Pourquoi y a-t-il eu contact, aussi léger soit-il? Il y a un poteau en plein milieu du trottoir, à la gauche de la dame. Elle avait la colonne de policiers juste à sa droite. Impossible de ne pas voir là que les policiers auraient pu simplement faire un tout petit peu de place pour laisser la dame passer, ignorer ses clameurs, garder leur sang-froid et ne pas provoquer une escalade de violence complètement inutile.

J’ai crié : «NON! NON! NE FAITES PAS ÇA!» et les trois policiers ont tourné la tête en ma direction pour me regarder un quart de seconde. Juste assez, j’espère pour qu’ils ne se mettent pas à battre la dame. Un autre policier m’a évidemment sommé de m’en aller. Comme d’habitude, ils ne veulent pas de témoins.

C’est à ce moment que j’ai remarqué une autre dame, âgée d’environ 60 ans, qui était arrêtée juste à côté de la scène et qui, sous le choc, avait les deux yeux grands ouverts. Un policier lui donnait l’ordre de circuler, de quitter, mais elle restait muette,béate et immobile devant une telle horreur de la dérive des policiers.

Je criais : «C’EST N’IMPORTE QUOI!», je n’arrivais pas à formuler ma penser, le choc de l’absurdité de la situation était d’une puissance telle qu’elle m’a fait perdre ma raison. L’adrénaline me transperçait les pores de ma peau. Le policier continuait de sommer la dame de 60 ans de quitter. J’ai crié à la dame : «ILS VEULENT QUE VOUS IGNORIEZ LEUR ABUS! ILS VEULENT QUE VOUS FERMIEZ VOS YEUX DEVANT LEUR VIOLENCE!».

Pris de panique et d’une nausée que je n’avais jamais connue auparavant, je pleurais et j’avais envie de vomir. J’étais maintenant seul, séparé du groupe de l’ASSÉ qui était venu porter du café et des beignes aux arrêtés que j’avais croisé et suivi. J’ai décidé d’appeler ma copine et de lui raconter ce que je venais de vivre. Elle n’en croyait évidemment pas ses oreilles.

Cette dame avec le chien, elle a peut-être passée la nuit en prison. Pendant ce temps, j’avais le profond regret de ne pas pu avoir fait plus. Prendre en note les numéros de matricules dans ce genre de situation est presque impossible. Le rush d’adrénaline nous transforme en animal écervelé qui déclenche l’instinct de survie primitif. Les policiers, dans ce genre de situation, ont le beau jeu de repousser tous les témoins, sait-on jamais si un de ces témoins venait contredire la version «officielle» des policiers.

Voie de fait sur un agent de la paix? Le comble du ridicule. Cette dame s’en allait tranquillement chez elle après s’être fait remettre une contravention qui est surement illégitime aux yeux de la charte des droits et libertés. Le véritable crime, ce sont les trois policiers qui ont rudoyés la dame, l’ont projetés violemment contre le mur, l’ont peut-être blessée et laissée dans la douleur dans une cellule pour la nuit, ou pire, toute la fin de semaine.

Le véritable criminel, c’est la police.

Je suis prêt à témoigner contre ces policiers si on les retrouve. Je suis prêt à prendre la défense de cette dame qui n’a jamais mérité d’être traitée de la sorte, voir torturée. Ces policiers ont abusé de la force. Ces policiers ont abusé de leur pouvoir. Ces policiers sont des criminels et doivent répondre de leurs agissements. L’impunité doit cesser.

Aidez-moi à entrer en contact avec cette dame.

Merci beaucoup,

Philippe Gagnier

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Toi ! On va se revoir dans une ruelle bientôt !

15 Mars 2013

Écrit avec mes mains froides, engourdies, douloureuses et presque plus de sensation dans les pouces, 3 jours après le traitement que le SPVM m’a réservé, dont la coupure de la circulation du sang dans mes mains pendant plus de 2 heures malgré mes demandes répétées de changer mon "tie wrap" à plus de 30 policiers. Le matricule 5858 a fait une prise avec mes mains, me faisant hurler de douleur à plusieurs reprises alors que Marc St-Cyr, chef de la police du PDQ 20, était à une dizaine de mètre de là. Il entendait. Il voyait. Il n'est pas intervenu.

Écrit à l'aide de notes prises quelques heures après ma remise en liberté et certains vidéos de mon arrestation.

Merci de lire et de partager, à tous mes camarades du fourgon, à tous ceux qui prennent la rue, à tous ceux qui rapportent ces événements et à tous ceux qui me supportent.

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En repensant à la manifestation contre la brutalité policière de 2012, je me souviens d’un journaliste qui était équipé comme un reporter de guerre : veste par balle, casque en métal, etc. Effectivement, il n’avait pas tort d’être ainsi, car lorsque la police a décidé de charger les manifestants et d’utiliser leurs grenades, on se sentait vraiment au milieu d’une guerre. Non, pas une guerre. Une attaque, illégitime. Quand d’un côté tu as des policiers habillés comme s’il partait pour la guerre en Irak et que de l’autre côté tu as des citoyens non-armés, c’est une attaque, injustifiée, cruelle, aucunement valable, excessive, bref, la liste des adjectifs peut être longue.

Je donc décidai de me protéger pour couvrir la manifestation : plastron et épaulettes, jambières et « jackstrap » tout droit sorti de mon équipement de hockey. À cela j’ajoute les lunettes de ski (dois-je vous rappeler qu’un étudiant a perdu un œil le 07 mars 2012, et j’étais présent; une de mes photographies a été publiée en page 03 du Journal Métro édition du 08 mars 2012), masque à poussière trempé dans du jus de citron à l’intérieur d’un sac hermétique dans une poche de mon manteau, au cas où je fais face à des gaz. Je veux être protégé pour être le plus près du « feu de l’action » et rapporter la brutalité policière. C’est également pratique quand la police décide de te matraquer pour aucune raison valable après la manifestation lorsque tu es sur le chemin de retour vers ton chez-soi…ça m’est arrivé le 15 mars 2012. Mais j’ai eu plus de chance que ceux qui marchaient à mes côtés. Eux, ils ont aussi goûté au poivre. 15 policiers, nous étions 5. Moi je pèse 140 lbs, un policier avec son équipement lui fait combien d’après vous?

Alors cette année, j’étais mieux équipé. Mieux équipé pour manger les coups (le 07 mars 2012, j’ai reçu des coups de bouclier et des menaces de « péter ma caméra ») et mieux équipé pour filmer les crimes des agents du SPVM. Aussi, une banane, une orange et une bouteille d’eau pour un peu d’énergie plus tard en soirée. Sans oublier un linge à vaisselle pour essuyer les lentilles et boitiers des caméras.

Malheureusement, arrivé sur place entre 17h00 et 17h05, je me fais interpeller par une dizaine de policiers alors que je passe devant eux. On m’accuse alors de porter des lunettes de ski. J’explique que je suis présent en tant que média et le fait que j’ai une caméra 1 pied au-dessus de ma tête ainsi qu’une autre dans mes mains me semble plutôt évident. Mais c’est inutile, ils ridiculisent le fait que je sois un média citoyen et me mettent les mains derrière le dos et les attachent avec un énorme "tie wrap". Je continue de leur expliquer que je suis un média citoyen et qu’il n’y a pas lieu de m’arrêter mais ils resserrent alors mon "tie wrap", encore plus lorsqu’ils découvrent que j’ai de la protection en dessous de mon manteau, rendant ma situation très douloureuse.

Je décide alors de m’exprimer à haute voix en répétant sans arrêt : « Le "tie wrap" est douloureux. Je demande à ce qu’il soit remplacé. Je n’ai commis aucun crime. Je ne suis pas dangereux. Je suis venu en tant que média.». L’attention des gens se tournent alors vers moi. Je sais qu’au moins une caméra d’un média de masse (Radio-Canada) m’a filmé, ainsi qu’un média d’un réseau anglophone, mais je ne me rappelle plus lequel. Des citoyens ont aussi filmés. Je suis situé alors au coin des rues Ontario et Clark. Lorsqu’ils ont constaté que j’attirais l’attention, ils m’ont transporté à un fourgon situé une rue plus bas. Ma caméra GoPro est alors toujours sur mon casque et filme au moins depuis le début de mon arrestation.

Arrivé derrière le fourgon, je demande à nouveau à plusieurs reprises à ce qu’on me desserre le "tie wrap" à plusieurs reprises à très haute voix car c’est très douloureux et je mentionne également que je n’ai pas commis de crime et que je suis venu en tant que média. C’est alors que le matricule 5858 resserre le "tie wrap" à nouveau et applique une prise difficile à décrire avec mes pouces mais qui est atrocement douloureuse. Je me mets à hurler de douleur. Les policiers se regroupent autour de moi pour bloquer le plus possible la vue de l’extérieur. Le caméraman qui filme la scène est alors dérangé afin que la vue et le son lui soit bloquée. Heureusement, mes cris sont perceptibles. De plus, Marc St-Cyr, chef de la police du PDQ 20, est alors à une dizaine de mètres de moi et regarde dans ma direction alors que je hurle de douleur. Il n’intervient pas et s’en va plus loin.

On m’enlève mon casque, on me fouille et j’explique que je suis là en tant que média. Un homme arrive alors à mes côtés et me demande pour quel média je travaille. Je lui dis que je suis un média citoyen. Il me demande alors pour lequel. Je lui mentionne que je le fais en mon propre nom. Il s’exclame alors : « Pffffffffffffff…. » et repart aussitôt.

Les policiers en me fouillant découvrent mon plastron, jambière et « jackstrap ». Il baisse alors mes pantalons à mes genoux et me laissent ainsi. Je regarde à mes pieds et je remarque soudainement qu’un policier, de son énorme botte noire, est sur le point de m’écraser le pied gauche. Je déplace mon pied, il essaie de nouveau de m’écraser le pied, je le regarde dans les yeux et l’avertit qu’il n’a pas le droit de faire ça. Il s’éloigne. Un autre policier s’approche et me dit d’un ton menaçant : « C’est avec moi que tu vas passer la soirée. On va avoir du fun. »

On m’envoie ensuite dans le fourgon. Soudainement arrive une jeune femme saignant beaucoup près de l’œil ainsi qu’à l’un de ses genoux. J’entends dire qu’elle aurait été projetée par terre par les policiers.

Nous continuons d’attendre parce que les policiers veulent remplir le fourgon avant de partir et mes mains me font atrocement mal. Je demande à plusieurs reprises, et ce à plusieurs policiers, le tout en montrant mes mains, de remplacer mon "tie wrap" parce que je n’ai plus de circulation dans les mains depuis un bon moment. Ils ont tous tourné au ridicule et/ou minimiser ma situation et certains ont même démontré du plaisir à me voir souffrir.

Après un certain temps, le fourgon est rempli, nous sommes approximativement une dizaine. Destination, aucune idée à ce moment (finalement nous avons été transporté dans un bâtiment près du coin de l’Avenue Christophe Colomb et du Boulevard Métropolitain). Durant le transport, ils mettent la radio. On entend Paul Arcand en entrevue avec une personne dont je ne me souviens plus le nom. Le deux policiers à l’avant se félicitent du nombre de manifestants arrêtés mentionné à la radio et parlent à quel point ils sont satisfaits des arguments donnés pour camoufler la réalité.

Arrivés à destination, nous attendons encore longtemps. Je mentionne à nouveau à plusieurs reprises, en montrant mes mains aux policiers et en leur mentionnant que je n’ai plus de circulation dans les mains, que c’est très douloureux et que je demande à ce qu’il soit remplacé. De plus, je leur mentionne qu’ils seront tenus responsables des conséquences en cas de refus. La plupart accepte la responsabilité tout en refusant d’opérer. Il y en a au moins un qui s’amuse de ma situation.

Je ne me souviens plus à quel moment, mais ils finissent par sortir la jeune femme qu’ils ont blessé pour l’amener à l’hôpital.

Lorsque nous sommes plus que 5 dans le fourgon, ils décident de tous nous en faire sortir et nous demande de nous agenouiller le long d’un mur. Peu de temps après, 3 hommes viennent pour m’enlever mon tie-wrap avec une paire de pince. Lorsque je présente mes mains à ces hommes, ils s’exclament : « Holy shit! Comment veux-tu qu’on enlève ça!?! ». Ils coupent alors la section qui relie mes deux mains. Je peux alors voir mes mains. La peau de mes poignets est toute pliée, la couleur est affreuse. Il n’y a aucune place entre le plastique et ma peau, et le tie-wrap compresse fortement mes poignets. Ils doivent appuyer avec la pince sur mon poignet pour tenter d’avoir un peu d’espace pour couper. La douleur est atroce. Je hurle. On me libère enfin la main droite. Qu’elle délivrance mais quel supplice en même temps! Je suis plié. Je tends l’autre main, on me la libère. J’estime à 2h30 la durée du manque de circulation sanguine dans mes mains.

Un peu plus loin, dans le garage, on me demande d’identifier quel sac contient mes objets personnels. Je l’identifie. On me demande si tout est là. Je ne peux ni confirmer ni infirmer car je ne peux pas tout voir (mes cartes mémoires sont-elles encore dans mes appareils, etc.) et on ne me donne pas l’autorisation de toucher quoi que ce soit. On me prend ensuite en photographie. Face. Droite. Derrière.

On m’amène ensuite à un comptoir où on me fouille à nouveau et je perds mes camarades de vue; ils étaient encore à genoux dos au mur. Une femme me pose des questions sur mon identité. Je donne mon nom et coordonnées. Lorsqu’ils s’aperçoivent de l’équipement de protection que je porte, ils font plusieurs allusions au pourquoi de ma présence à la manifestation. Je mentionne que j’étais là en tant que média citoyen. Ils en rient. Puis, ils font des remarques menaçantes concernant le traitement qu’ils vont me réserver. Des menaces physiques et à connotation sexuelles. Je suis choqué, étonné, comment peuvent-ils agir ainsi?!

Une autre femme fouille mes objets. Elles démontent mes caméras et sortent les cartes mémoires. Ils trouvent aussi mon cellulaire. Un policier demande à une autre femme derrière le comptoir s’il a l’autorisation d’accéder à mon cellulaire et à mes cartes mémoires. Elle ne répond pas mais lui fait un sourire et un clin d’œil. On me montre un petit tas d’argent (environ 15$) et me demande si c’est tout l’argent que j’ai. Je lui réponds que je ne sais pas et au même moment, un policier échappe au sol, de mon pantalon qu’il tient dans les mains, pour environ 10$ de petite monnaie au sol. Je mentionne alors que s’il ne perd pas tout mon argent, je risque peut-être de le récupérer. Commentaire non apprécié.

Il me demande ensuite d’enlever mes souliers, il commence à défaire les lacets de l’un, me tend l’autre et me dit d’enlever le lacet. Je refuse. Il me dit que si je ne le fais pas, il va couper le lacet avec une paire de ciseau. Je lui demande pourquoi. Il me répond qu’ils n’ont pas le temps de les enlever. Je refuse à nouveau et une femme derrière le comptoir prend mon soulier, me dit que si ça me cause problème, j’ai juste à faire une demande de remboursement de lacet à la Ville puis coupe mon lacet. C’est à ce moment que je pense : « Putin! Ça leur prend 30 secondes pour couper mon lacet. Ça en aurait pris 1 minute pour l’enlever. Mais ça a pris 2h30 pour qu’on enlève mon tie-wrap qui coupait la circulation sanguine à mes mains. Où est la logique? »

Je me retourne vers la policière qui me posait des questions sur mon identité car elle prend en note ce qu’il y a de présent comme objets personnels. Je lis ce qu’elle écrit pour m’assurer qu’il y a tout ce que j’avais. Il en manque. Puis je lui dis : « Tu sais, j’étais un étudiant modèle avant. ». Elle me répond : « Quoi, tu n’es plus modèle aujourd’hui? ». Je rétorque : « Non, je ne suis plus étudiant » et je lui fais ensuite remarquer une faute d’orthographe parmi la quantité d’incalculable de son rapport. Commentaires pas du tout appréciés. Les policiers se frustrent, et me disent : « Ok, c’est terminé pour toi! » et on m’envoi directement dans une cellule.

Je suis content de retrouver mes camarades du fourgon, tout comme eux sont contents de me retrouver. Nous prenons alors le temps d’avoir d’excellentes discussions, de se remonter le moral, d’accueillir les nouveaux arrivants en cellule, de les rassurer et de leur donner des conseils sur leur cas. L’ambiance est très bonne entre nous, malgré la frustration, la fatigue et la faim. J’ai beaucoup d’estime pour eux, ils démontrent beaucoup d’intelligence. Nous n’aurons aucune nourriture.

Lorsqu’on vient me libérer, vers 22h30, je demande alors aux policiers : « J’ai donc le droit de sortir? ». Ils me répondent : « Oui. ». Je rétorque : « Alors est-ce que je peux rester, et quand je voudrai sortir, je vous appellerai. ». La réponse est directe : « Non, et si tu refuses de sortir, c’est moi qui entre te chercher. » Je coopère.

On me donne ma contravention (637$, RRVM C.P-6, article 3.2) et un gros sac en plastique transparent avec mes effets personnels. Je demande à vérifier que tout y soit avant de partir. On m’y refuse. (Je constaterai plus tard qu’ils ont conservé la carte mémoire de 64Go de ma caméra GoPro qui avait filmé une partie de mon arrestation. 80$ dans le trou et du contenu vidéo que j’aimerais bien voir, tout comme vous.)

Je me permets de saluer le tas de policiers à la sortie en leur mentionnant à quel point je suis triste. Triste de les voir abaissés à faire un tel travail. Réaction explosive de leur part. Je pousse les portes vers ma liberté. Avant qu’elles ne se referment, le policier qui avait échappé pour 10$ de monnaie au sol m’interpelle. Lorsque je me retourne, il me lance : « Toi! On va se revoir dans une ruelle bientôt! ». Les portes se referment. Je suis stupéfait.

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Un pistolet à 45 cm de ta face

"À un moment donné, les policiers ont fait circuler un groupe vers le nord sur la rue Sanguinet. Un agent du groupe d'intervention qui s'affairait à cette tâche a fait un saut en voyant une jeune femme qui marchait derrière lui. Dans une scène intense qui a duré quelques secondes, il a dégainé un pistolet servant à lancer une forte concentration de gaz CS contenue dans une cartouche et l'a pointé vers la femme, à une distance d'environ 45 cm.

«J'ai dit de circuler», a-t-il hurlé.

La jeune femme a été ébranlée par la scène. Le pistolet ressemble à une arme à feu. Et c'est qu'elle a cru.

«Je n'en reviens pas, c'est complètement disproportionné», a-t-elle lancé, les nerfs à vif."

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Reporter-cameraman de CUTV arrêté

William Ray - ex-Caporal for the Canadian Army & video reporter for CUTV (Concordia University Television) & the 99%Média collective being arrested by SQ Police during the Protest against Police brutality in MONTREAL... (March 15th, 2013).

William Ray - ex-caporal des Forces Armées Canadienne & vidéo reporter pour CUTV Live Recordings et membre du Collectif 99%Média en train de se faire arrêter par les policiers de la SQ lors de la manifestation contre la brutalité policière hier (15 mars 2013) à MONTRÉAL !!!

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À bout portant son arme en visant à la hauteur de la tête

15 mars 2013, coin Ste-Catherine/St-Denis.

Scène captée lors du deuxième encerclement de masse durant la (non)manifestation contre la brutalité policière. Ce policier pointe une arme à feu pouvant projeter des balles de plastique. Ces armes sont conçues pour être utilisées à moyenne-longue portée dans un contexte où la foule pose un potentiel danger et les tireurs doivent viser les jambes ou le bas du corps. Ici, le policier pointe à bout portant son arme en visant à la hauteur de la tête. Les gens pointés sont pacifiques et DÉJÀ encerclés par 2 lignes anti-émeute. Une telle utilisation de cette arme peut être potentiellement létale. Un autre bel exemple du professionnalisme du SPVM.

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Nous avons même pas commencé la marche que nous avions déjà quelques arrêtés et des charges des chevaux et GI.

15 Mars 2013

Premièrement, je peux dire que cette ''manifestation'' était si répressive dès le départ. Nous avons même pas commencé la marche que nous avions déjà quelques arrêtés et des charges des chevaux et GI.

Je sais pas si ça va être légitime à vos yeux, mais je suis sous le choc de ce que j'ai vécu aujourd'hui.

Sur le vidéo on voit une flashbomb qui explose dans les manifestantEs.
Je faisais parti de cette partie de manif. Donc j'ai reçu cette flashbomb très près de moi.

Déjà, sur le vidéo, on voit mal vue l'angle. Je veux juste dire qu'à ce moment, nous étions que 3 à être ''visé'' (si je peux dire ça ainsi) les autres étaient un peu plus loin. J'étais avec deux de mes amis lorsque c'est arrivé.
Cette chose a explosée au moins 3 fois.

Première fois : à moins de 5 mètres en haut de ma tête.
Deuxième fois : cette fois-ci à moins d'un mètre de mon visage.
Troisième fois : Elle a atterrit sur le sol pour bondir et encore exploser (????) à comme 2 pouces du visage d'un de mes deux amis.

Je suis complètement sous le choc. Je revois cette scène au ralentit dans ma tête présentement.

Je vois ceci : moi qui tient l'ami qui ne l'a pas vraiment reçu en regardant derrière pour voir si l'anti-émeute était près de nous. Là, je vois la bombe en haut de ma tête explosée une fois, je vois le bout de métal dangereux voler dans les airs vers une direction X. Là, moi qui se penche par la peur. Ensuite, je me relève vois la bombe directe devant moi, je pousse donc mon ami pour le ''protéger'' de cette explosion, ça explose à moins d'un mètre de moi. Vers ma tête, bien évidemment, ensuite, je me pousse en courant et mon ami qui à également été atteint, me raconte plus tard durant la soirée qu'il l'a reçu en plein visage (le reste de la bombe) , heureusement nous ne sommes pas blessés.
Mais je suis sous le choc. Toute cette soirée était si fasciste. Un vrai état policier.

Pawly.

Dossiers: 

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Ville où l'événement s'est produit: 

T'appelles qui quand la police te vole ton vélo ?

26 Février 2013

Montreal police tactics now include beating on mascots and stealing bikes. Watch for number 3752! Footage from the protest against the Sommet sur l'éducation supérieure in Montreal on Tuesday, February 26, 2013.

Matricule du policier (séparer les numéros par des VIRGULES s'il y en a plusieurs): 

Corp policier (SPVM, SQ, GRC, agent de la STM, etc): 

Ville où l'événement s'est produit: 

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