Arrêt des procédures dans le dossier de l'ex-entraîneur Michel Arsenault

L'ex-entraîneur de gymnastique Michel Arsenault, accusé de s'en être pris physiquement et sexuellement à six athlètes mineures dans les années 90, a obtenu jeudi un arrêt des procédures, en raison de «lacunes majeures» dans le travail d'un enquêteur.

«Des informations révélées [...] démontrent des lacunes majeures dans la prise de notes de l'enquêteur au dossier. Elles font en sorte que de nombreuses déclarations des plaignantes sont à jamais inaccessibles», a expliqué au Journal Me Rachelle Pitre, procureure de la Couronne.

Arsenault, 59 ans, était accusé d'avoir profité, il y a 30 ans, du rêve olympique de jeunes athlètes afin de les agresser sexuellement ou de les violenter. L'une d'elles a expliqué avoir été forcée à des relations sexuelles complètes, au point où elle se sentait comme une «servante» qui devait obéir aux désirs déviants de son coach.

«Je me souviens de ses mains sur mon corps à des endroits pas confortables, comme les fesses, le côté des seins, avait dit une autre plaignante. Il y avait des caresses intimes.»

D'autres victimes n'ont pas été agressées sexuellement, mais affirment avoir subi des voies de fait.

Or, à la suite de l'enquête préliminaire, la défense a réalisé que l'enquêteur de la Sûreté du Québec n'avait pas pris de notes au sujet de certains entretiens avec les plaignantes, lors desquels elles ont fait des déclarations.

En raison de ces lacunes, Michel Arsenault n'était pas en mesure d'avoir une défense pleine et entière.

«L'enquêteur a fait fi d'éléments importants qui n'appuyaient pas sa théorie de la cause et, de ce fait, il a sciemment omis de conserver plusieurs éléments de preuve, dénaturant ainsi l'ensemble des faits en cause», avait indiqué Me Roxane Hamelin, de la défense, dans une requête en arrêt des procédures.

Finalement, c'est la Couronne qui a mis fin au dossier. Cela ne signifie pas qu'Arsenault n'a jamais commis les gestes qui lui étaient reprochés, mais, comme il n'y aura pas de procès, un juge n'aura jamais à trancher.

Me Pitre a toutefois assuré que les plaignantes avaient été rencontrées avant qu'on ne dépose l'arrêt des procédures.

«Nous avons pris soin de les informer en premier, de leur exposer les motifs au soutien de cet arrêt des procédures et de répondre à leurs questions, a-t-elle dit. J'en profite d'ailleurs pour souligner leur résilience et le courage dont elles ont fait preuve, notamment lors de leurs témoignages, lors de l'enquête préliminaire.»

Plus de détails à venir...

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