Les caméras corporelles, matière à distorsion

Les caméras corporelles que portent les policiers ne sont pas neutres. Comparées à des images de caméras de surveillance ou de téléphones portables, elles accentuent l’impression de brutalité policière, constate un criminologue de l’Université de Montréal.

Manipulation

« Dans n’importe quel manuel de cinéma, vous lirez que la vue subjective est une très bonne façon de manipuler le spectateur, explique Rémi Boivin, de l’Université de Montréal. Nous avons demandé à des étudiants et à des aspirants policiers leur opinion sur une intervention policière fictive avec une personne menaçante, parfois armée d’un bâton de baseball, et des policiers qui intervenaient avec un bâton ou alors tiraient des coups de feu. Les résultats sont clairs : les policiers sur les vidéos des caméras corporelles ont l’air plus condamnables. En particulier, les personnes menaçantes ont l’air de bouger moins rapidement, d’être moins menaçantes. » Il y avait par contre plus de différences entre les vidéos des caméras corporelles et celles des caméras de surveillance chez les aspirants policiers. « Avec les caméras de surveillance, les aspirants policiers parlaient de l’intervention en termes plus techniques, alors que chez les étudiants, il y avait un a priori négatif envers la police. »

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