Délibérations du comité sénatorial spécial sur l'Antiterrorisme

http://www.parl.gc.ca/Content/SEN/Committee/403/anti/08eva-f.htm?comm_id...

Robert Chartrand, inspecteur-chef, Service de police de la Ville de Montréal : Monsieur le président, dans un premier temps, j'aimerais exposer les faits marquants qui ont amené le Service de police à réagir contre les attaques terroristes à Montréal et au Québec. Dans un deuxième temps, j'aimerais expliquer la façon dont travaille le Service de police de Montréal dans le but de contrer les activités terroristes. Vous avez sous les yeux notre texte de présentation.
Le 6 décembre 2004, une bombe a endommagé un pylône électrique à Coaticook, petite ville de l'Estrie, en banlieue de Montréal, suite à la visite du président Bush, le 30 novembre 2004. Le but avoué des protagonistes était d'endommager la ligne de transport Radisson-Nicolet-des-Cantons, qui alimente la Nouvelle-Angleterre et Boston en électricité. C'était une façon pour eux de démontrer leurs sentiments de désapprobation contre l'impérialisme américain.
Deux ans plus tard, le 8 août 2006, le véhicule du vice-président de l'Institut canadien des produits pétroliers explosait devant sa résidence. Encore une fois, cet acte fut revendiqué en guise de représailles contre le cartel du pétrole et l'exploitation des citoyens.
Plus récemment, soit l'été dernier, le 1er juillet 2010, à Trois-Rivières, un édifice fédéral fut la cible d'une bombe. Heureusement, l'explosion n'a fait aucun blessé.
Nos différentes démarches de renseignement et nos partenaires ont révélé plusieurs informations. Depuis quelques années, la structure de gestion policière contre le terrorisme, regroupant les trois principales forces policières du Québec, soit la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale du Canada et le Service de police de Montréal, se partage tous les renseignements. Le plan d'action comporte trois volets.
Le premier volet se situe au niveau de la réponse. En d'autres mots, dès qu'il se produit un attentat ou une action, un déploiement opérationnel s'effectue.
Dans un deuxième temps, une enquête est menée pour trouver les raisons de l'incident et, si possible, procéder à des arrestations.
Depuis sa création, et devant ces trois évènements d'envergure, la structure de gestion policière et notre service n'avons pas lésiné sur les moyens dans le but d'en arriver à comprendre les actes et surtout de procéder à des arrestations.
Nos études nous ont permis de conclure que ces trois actions semblent converger vers une réalité montréalaise. Il semble qu'un groupuscule d'anarchistes se colle directement au milieu étudiant, ce qui permet de trouver une forme de financement et de recruter des sympathisants. Ces activités sont menées principalement dans les milieux étudiants reliés à la politique. Les étudiants en sciences politiques et en sciences sociales sont particulièrement visés par ces groupes.
Ces groupes facilitent le travail policier lorsqu'ils décident d'aller dans la rue pour manifester. Par exemple, à chaque année, depuis 2005, les manifestants contre la brutalité policière mobilisent environ 300 à 500 personnes dans les rues de Montréal.
Depuis 2005, le Service de police de la Ville de Montréal a réussi à procéder à plus de 400 arrestations et à colliger beaucoup de renseignements à l'intérieur de ces structures. Évidemment, ce chiffre démontre à quel point les partisans de cet événement sont diversifiés. Leur nombre varie d'année en année, ce qui complexifie notre travail. Malgré tout, le fait du partage de renseignements entre les trois grandes organisations nous permet de voir plus clairement à l'intérieur de cette réalité.
Quelles sont nos inquiétudes, actuellement, en ce qui concerne le futur ou les éléments de dangerosité? Évidemment, ces gens ont une certaine capacité en matière de fabrication d'explosifs. On l'a d'ailleurs vu lors du sommet du G20, à Toronto, où on a procédé à des arrestations de gens venant du Québec, de Montréal, avec des cocktails Molotov en leur possession. Ils ont donc la capacité de lancer des messages de violence.
À l'intérieur de l'île de Montréal, nos véhicules de police font très souvent l'objet de graffitis, de méfaits publics à l'intérieur de nos véhicules et même de nos établissements, ce qui nous porte à établir des stratégies de prévention, soit par caméra ou par infiltration d'agents doubles. Cela nous permet de nous rapprocher de leur réalité.
Les différentes manifestations organisées par des groupes pour dénoncer la brutalité policière ont évidemment un impact sur les ressources policières. Mon collègue le disait plus tôt : plus c'est dispendieux et de grande d'envergure, plus cela nous demande de travailler d'arrache-pied et de se rapprocher de la situation. D'où le partenariat, encore une fois, qui vient nous aider à l'intérieur de la compréhension nationale et de la compréhension provinciale.
Évidemment, les groupes ou les coalitions sont fondés sur le principe de la négation du principe d'autorité dans l'organisation sociale. Le refus de toute contrainte découlant des institutions, basé sur le principe de l'anarchisme, a pour but de développer une société sans domination, où les individus coopèrent librement dans une dynamique d'autogestion.
À l'intérieur de l'île, beaucoup d'individus sont ciblés. Le 9 juin 2010, notamment, un individu d'une cinquantaine d'années a été arrêté pour des actes perpétrés contre le Collège John Abbott. Donc, chaque fois qu'une intervention est sollicitée, autant la GRC que la Sûreté du Québec sont mis au parfum, ce qui nous permet de développer des outils efficaces en vue de contrer les activités futures.
Actuellement, nous avons l'intention de procéder à une cogestion, colocation, à l'intérieur du renseignement des trois grandes organisations à Montréal, ce qui permettrait d'être encore plus près de la réalité et d'un partage plus pointu du renseignement collectif.
Si un acte terroriste venait à voir le jour à Montréal ou au Québec, la structure se déploie et de cette façon, les ressources des trois grandes organisations sont mises à contribution.
Dans le cas d'un événement plus pointu à Montréal, nous avons également développé une structure qui permet une réponse très rapide, au centre-ville ou en périphérie de Montréal, et je laisserai l'inspecteur Pichet vous expliquer cette structure.

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