COMMUNIQUÉ - Un couteau versus des robots armés: Un autre drame

Dimanche soir, un appel a été logé au SPVM concernant une dispute entre un homme et une femme dans un appartement rue Papineau. Arrivés sur les lieux, les flics sont entré-e-s dans l'appartement, et ont trouvé l'homme de 46 ans assis sur un fauteuil, les mains dissimulées derrière le dos. Les flics lui auraient alors demandé de montrer ses mains. Obtempérant, celui-ci révéla le couteau qu’il dissimulait. Les policiers et policières ont alors ouvert le feu sur lui, tirant cinq balles en sa direction. L'homme est décédé à l'hôpital plus tard dans la soirée.

Avec la police montréalaise, c’est toujours la même ritournelle. Ces assassinats ne sont ni contextuels, ni excusables : l’institution policière est conçue pour tuer.

Les suspects assassinés - ou plutôt mitraillés, lorsqu’on parle de 5, 10 ou 20 balles tirées en leur direction- se multiplient à chaque année.

La sordide histoire du 31 mai dernier est non sans rappeler les cas de Mario Hamel, itinérant en état de psychose, tué alors qu’il éventrait des poubelles avec un canif, d'Alain Magloire, itinérant fusillé alors qu’il brandissait un marteau, de Vianney Charest, employé d'un motel qui était ''armé'' d'un couteau lorsqu’il s'est fait descendre, ou encore celui de Jean-François Nadreau, citoyen tué à domicile car il était muni d'une machette... Dans aucun de ces cas, les victimes ne représentaient une réelle menace pour la vie des policiers et policières au moment de l'intervention.

Derrière l’obsession sécuritaire qui motive tous ces assassinats, se profile également un refus de collaboration avec toute institution ou organisme de soutien psychosocial. La police cherche le monopole de l’intervention. Et la police, c’est l’intervention armée. La ville de Montréal possède une cellule d’urgence en intervention psychosociale, qui est constamment négligée par les flics mégalomanes.
L’ultime pouvoir de la policière ou du policier est au bout de son fusil. Un-e mort-e sous les balles de la police de temps à autre cultive la terreur, ce qui, en bout de ligne, renforce le pouvoir policier.
Les flics ne seront pas puni-e-s, ni même blâmé-e-s pour avoir commis ces gestes : cette brutalité cadre parfaitement dans leur travail, tel qu’on le leur apprend.

Peu importe l’arme utilisée et les dommages causés, que ce soit par balles, poivre de Cayenne, chocs électriques, passages ou passages à tabac, les agent-e-s SPVM s’en sortent toujours en parfaite impunité. Les meurtres policiers ne représentent que l’aboutissement de cette impunité systémique. Au quotidien, le SPVM se prête au profilage racial et social, y compris l’intimidation et le harcèlement des jeunes, des marginaliséEs et des membres des « minorités visibles ». Ces meurtres s’inscrivent dans la logique répressive, brutale et militaire de la police de Montréal.

La brutalité policière est cautionnée par les médias, qui perpétuent eux-mêmes une forme de « brutalité » médiatique, en ignorant toutes ces agressions impunies. Le meurtre de René Gallant, l’homme de 46 ans dimanche aura fait couler bien peu d’encre, sinon que de petites rubriques sensationnalistes.

Il est à se demander si l'impunité policière serait aussi présente au sein du SPVM si une véritable commission indépendante serait chargée d'étudier les dossiers des victimes tuées. Peut-être que les flics auraient la gâchette moins facile et y penseraient deux fois avant de tirer et d’assassiner.
Notre police assassine! Désarmons la police!

Le COBP