15 mars 2012 : La déonto enquêtera sur les grenades assourdissantes du SPVM!

15 mars 2012 : La déonto enquêtera sur les grenades assourdissantes du SPVM!

Le COBP a appris récemment que le Commissaire à la déontologie policière avait décidé d'enquêter sur « l'utilisation de bombes ou grenades assourdissantes », dans le cadre d'une plainte déposée suite à la manif contre la brutalité policière du 15 mars 2012. Pour justifier sa décision, le Commissaire Claude Simard affirme que « ce volet de la plainte (les bombes ou grenades assourdissantes) soulève des questions d'intérêt public ».

On se rappellera que cette manif, la 16e en autant d'années dans le cadre de la Journée Internationale Contre la Brutalité Policière, avait réunit des milliers de personnes au centre-ville de Montréal et ce malgré le fait que le maire Tremblay avait supplié les étudiantEs en grève de ne pas y participer... Tout se déroulait bien quand la police a commencé à lancer des grenades assourdissantes (ou « flash bang ») et à charger à différents endroits pour séparer la foule en plusieurs plus petits groupes. Il s'en est suivi pendant quelques heures un bordel dans les rues du centre-ville, la police tentant de disperser les gens avec peu de succès. Alors que tout était presque fini, la police a procédé à une arrestation de masse à deux pas du Carré Berri, portant le total des arrestations à 226 pour la journée.(1)

La plainte en question portait aussi sur de nombreux autres aspects de l'intervention policière, notamment les fouilles abusives et la saisie d'objets (tels bâtons de pancarte), les actes de brutalité, l'arrestation de masse et les conditions de détention. Mais le Commissaire à la déontologie a préféré ne retenir que la partie sur les grenades assourdissantes, sous prétexte que les policiers impliqués ne pourraient être identifiés ou encore que la plainte n'était pas assez détaillée.

Les agents du SPVM avaient utilisé au moins une quinzaine de grenades assourdissantes durant la soirée du 15 mars 2012, d'après le rapport de l'Équipe de Surveillance des Interventions Policières (ESIP) sur lequel s'appuyait en bonne partie cette plainte.(2) Pourtant, une semaine plus tôt, Francis Grenier était grièvement blessé à l'oeil par l'explosion d'un de ces engins explosifs au niveau de son visage. Malgré cela, le SPVM avait annoncé la veille de la manif du 15 mars qu'il allait continuer à utiliser ces armes dangereuses qui ont aussi causé des blessures lors de la manif du 15 mars 2012.(3)

Espérons que la déontologie policière va servir à quelque chose cette fois et peut-être tenter de freiner les ardeurs des policiers lanceurs de grenades. Même si l'expérience nous pousserait plutôt à s'attendre à ce que la déonto ne fasse qu'entériner l'usage des ces bombes par les policiers en disant qu'ils respectent leurs procédures... C'est donc un autre dossier à suivre!

Pour plus d'infos sur les grenades assourdissantes du SPVM :
GAPPA « Grenades assourdissantes: Que cache le SPVM? »
http://www.99media.org/2013/03/gappa-grenades-assourdissantes-que.html

Notes :

1) Communiqué de la CCRPP, « Manifester est illégal?! », 16 mars 2012, http://cobp.resist.ca/nouvelles/manifester-est-ill-gal
Voir aussi le reportage de 99% sur la manif et les grenades assourdissantes du SPVM, « Grenades, haine et propagande », http://www.youtube.com/watch?v=jQU7NGdh4ck

2) ESIP, « Rapport de surveillance : 15 mars 2012 », http://esipuqam.wordpress.com/2012/03/19/rapport-de-surveillance-15-mars...

3) La Presse, « Le SPVM dévoile ses grenades assourdissantes », 14 mars 2012, http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201203/14/46-1-le-spvm-devoile-...

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