Jeune tué à Nantes. Le CRS reconnaît avoir menti

Changement radical de version des faits. Le policier a finalement expliqué, en garde à vue, qu’il n’avait pas tiré sur Aboubakar Fofana pour défendre un collègue mais par accident.

La thèse de la légitime défense ne semble plus avoir cours dans l’enquête sur le tir policier qui a coûté la vie à Aboubakar Fofana, 22 ans, le soir du mardi 3 juillet, à Nantes.C'est d'ailleurs ce que martèlaient les jeunes du quartier du Breil depuis le début de l'affaire.

Au cours de sa garde à vue, contrairement à ce qui avait été avancé par la direction de la police aux premières heures du drame, le CRS en cause a finalement expliqué avoir fait feu « par accident », ce qu'a confirmé son avocat. « Il a reconnu avoir fait une déclaration qui n’était pas conforme à la vérité » assure maître Laurent-Franck Lienard.
Une main dans l’habitacle de la voiture

Le CRS aurait dit aux enquêteurs de l’inspection générale de la police qu’il avait passé une main dans l’habitacle de la voiture qu’il contrôlait pour tenter d’interpeller l’automobiliste, sous le coup d’un mandat d’arrêt. C’est alors que le coup de feu serait parti, accidentellement, de l’arme qu’il tenait dans l’autre main.

Une version qui risque de ne pas satisfaire les victimes, venant d’un policier formé au maniement des armes.

Le fonctionnaire de la CRS 17, celle de Bergerac, a été placé en garde à vue, jeudi 4 juillet à 12 h 40, à la demande du procureur de Nantes du chef de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. »

À Nantes, l’émotion est très vive. Les jeunes du quartier contestent et combattent depuis les premières heures la thèse de la légitime défense. Trois nuits d’émeutes ont suivi la mort d’Aboubakar Fofana.

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