Témoignages d'abus policiers

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Ils foncent littéralement sur un homme adossé à un arbre et le terrassent

21 Mai 2012

En cinq minutes, deux arrestations arbitraires, d'une brutalité assez inouïe.

1/ Près de la station Berri, on vient de fermer le parc Émilie-Gamelin. Nous ne sommes pas particulièrement nombreux, la manifestation (du moins un des groupes de manifestants) se passe à l'angle suivant, Saint-Laurent et Sainte-Catherine. On peut distinguer les policiers à cheval, le barrage, la fumée des fumigènes peut-être, l'odeur de gaz irritant. Je n'ai pas vu ce qu'il se passait mais on voit tout à coup un homme habillé de sorte qu'on ne voit que ses yeux courir dans notre direction. Pourchassé par deux policiers à vélo. Quelques personnes à côté de moi et moi-même nous tassons pour laisser le passage aux policiers qui s'en viennent à toute vitesse. Et là??? Ils foncent littéralement sur un homme adossé à un arbre et le terrassent. Le "ninja" a filé, non sans être passé devant quelques policiers imperturbables en faction devant la station Berri, coin Ste-Catherine et Berri. Nous sommes quelques-uns à avoir assisté, incrédules, à la scène.

2/ Pas longtemps après, 5-10 minutes maximum, un jeune homme, chandail noir et carré rouge finit de traverser la rue Sainte-Catherine, accompagné d'une personne, pas une certitude qu'ils soient "ensemble" mais ils traversaient avec quelques autres piétons. Un policier l'arrête, regarde son chandail, le jeune homme semble perplexe, regarde le texte inscrit sur son propre t-shirt noir (qui n'a aucun rapport avec la contestation étudiante) et son carré rouge. Et ni une ni deux, le policier l'attrape et le jeune se retrouve dos au policier qui se sert de sa matraque pour le neutraliser en l'appuyant fortement sur sa gorge. D'autres agents du SPVM à la "rescousse" (le jeune : petit gabarit, pas grand, pas costaud), j'entends le manifestant (qui ne manifestait pas du tout à ce moment-là) qui crie "mais j'ai rien faite". (Ce qui était vrai, à moins qu'ils aient reconnu son chandail lors d'un acte antérieur, il était passé 22h30 et il y avait déjà eu d'autres altercations manifestants vs policiers).
Ils l'entraînent donc, plusieurs policiers, dans la station de métro et le maintiendront là avec une force clairement exagérée. On nous dit de circuler. Et une non-obtempération aurait très probablement résulté en une arrestation. Nous obtempérons.

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Dans les médias, on ne parlera probablement jamais de tout ça

20 Mai 2012

Il s'est fait matraquer crissement intensément par plusieurs policiers au Parc Berri, s'est fait menotter, il est resté inconscient par terre pendant plusieurs minutes, le sang lui sortait de la bouche, jusqu'a ce qu'une ambulance arrive... Dans les médias, on ne parlera probablement jamais de tout ça, on n'aura probablement jamais non plus de nouvelles de son état. Comme, d'ailleurs, tout une impressionnante panoplie de blessés (des manifs) dont les médias n'ont jamais parlé... Ça ferait trop mauvaise figure, j'imagine.

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Réponse du gouvernement ce soir : ma première expérience de brutalité policière

16 Mai 2012

Vers 00h30, une bombe assourdissante a explosé à 5 pieds dans les airs de mon visage. La poudre m'a giclé au visage. Étouffé, j'ai marché moins rapidement et me suis retrouvé isolé derrière la foule. Quelques minutes plus tard, une ligne de policiers m'a chargé de dos, j'ai revolé par terre, mes lunettes aussi. En me relevant, je me suis fait encerclé par trois policiers qui m'ont matraqué solide, un policier derrière moi m'a donné un coup de pied dans les parties. J'ai environ une dizaine d'ecchymose et un bon mal de dos.

La vie est bonne malgré tout. Après avoir expliqué que je ne bougeais pas parce que je voyais clairement ma paire de lunettes entre les deux pieds d'un agent de police, un de ses collègues me l'a remise. Quelques coins de rue plus tard, à mes pieds, j'ai trouvé une jolie rose blanche. La vie m'a sourit. Elle sent si bon, j'y vois la providence pour panser mon coeur.

Est-ce que tout ça en vaut le coup? Oui, sans bronché. Qu'un gouvernement corrompu finance à coups de milliards des infrastructures de transport, de sports et de loisirs... mais qu'il ne trouve pas 240 millions à investir en éducation... Tout simplement parce qu'il souhaite que le peuple se complaise dans la médiocrité me dégoûte. Et qu'il pousse le mépris en jouant la ligne dure me dépasse.

Bonne nuit chers compatriotes! J'ai toujours pensé que la politique se jouait par les idées, la joute oratoire et l'écoute du peuple. Et j'y crois encore.

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Ça va? Ben dégage !

14 Mai 2012

Manifestation de soir, 14 mai 2012.
Je rejoins la manifestation vers 22h45 au coin des rues Panet et de la Fontaine. Je suis avec mon copain. La marche se dirige vers le sud. Nous empruntons la rue René-Lévesque. Plus tard, sur la rue St-Denis entre Ontario et Sherbrooke, direction nord, la marche s'arrête, bloquée par des policiers à l'avant. Nous sommes vers l'arrière de la marche et nous voyons des manifestants s'enfuir dans notre direction. Des agents de l'escouade anti-émeute arrivent ensuite derrière la foule, de sorte que celle-ci ne peut se disperser d'aucune façon. Les manifestants n'ont aucune issue. Nous décidons de nous éloigner, nous marchons alors en direction sud et contournons, par le trottoir, la ligne d'anti-émeute qui s'avance vers la foule. Nous entendons un agent demander à un autre "on les laisse tu passer ou pas?". Nous nous retrouvons alors derrière les policiers. Après plusieurs minutes, entre 23h30 et 12h00, les policiers semblent avoir cessé d'encercler les manifestants puisque nous voyons la foule se déplacer. La rangée d'agents anti-émeute se retourne alors en direction sud, vers où nous sommes, et chargent sur le reste des manifestants qui se trouvaient derrière eux. Ils marchent avec boucliers devant eux et courent par moments. Plusieurs personnes s'enfuient en courant lorsque les policiers chargent. Nous décidons de quitter la manifestation calmement en marchant main dans la main, vers le sud. Arrivés près de l'intersection de la rue Ontario, les policiers juste derrière nous se mettent à courir et ne s'arrêtent pas, de sorte qu'ils nous foncent dans le dos avec les boucliers. Nous tombons tous les deux. Je n'arrive pas à me relever immédiatement car les policiers me marchent dessus et continuent leur route. Un autre agent qui était derrière la ligne vient demander "ça va?". Je ne réponds pas pour éviter de l'insulter. Devant notre silence, il ordonne "ben dégage, dégage!".

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Au Nicaragua, cela ne se serait pas passé comme ça

Voici ce que Gloria Escomel, une de mes anciennes profs à l'UdeM, vient de poster sur son mur. Gardons l'oeil ouvert, soyons toujours prêtEs à filmer la brutalité policière!

10 mai 2012 3h30-3h40 P.M. à la station Berri-Uqam, dans une voiture du métro, un évènement qui n'a été rapporté par personne, n'a été publié dans aucun journal dont vient de me parler mon amie Maria Eugenia, Nicaraguayenne, qui en a été témoin et qui a été la seule à protester de vive voix, tous les autres passagers ayant regardé en silence :
SIX POLICIERS AVEC 3 CHIENS SONT ENTRÉS DANS LE WAGONS, SE SONT PRÉCIPITÉS SUR UN JEUNE HOMME ASSIS TRANQUILLEMENT, PORTANT LE CARRÉ ROUGE, S'EN SONT SAISIS, L'ONT JETÉ SUR LE QUAI L'ONT ROUÉ DE COUPS DE PIEDS, SUR LA TÊTE,LE VISAGE, L'ESTOMAC. LE JEUNE N'A PAS CRIÉ, NE S'EST PAS DÉBATTU.
ELLE SEULE S'EST MISE À LA PORTE A CRIÉ : MAIS QUELLE HORREUR ! QUELS SAUVAGES ! Les autres passagers ont regardé en silence. Les portes du compartiment se sont fermées et le metro a poursuivi sa route...
Même au Nicaragua me dit Maria Eugenia, cela ne se serait pas passé comme ça: Les policiers auraient d'abord averti, la foule s'en serait mêlée...

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